L’Oregon du Nord au Sud par la côte

Nous entrons en Oregon par un bac traversant la rivière Columbia à une centaine de km de son estuaire avec un sentiment un peu mitigé quant à l’état de Washington que nous quittons (pour rappel routes souvent chargées et paysages beaux mais moins surprenants que ceux des régions précédemment traversées)

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Malheureusement nous sommes déçus car à peine sortis du bac nous nous retrouvons sur une ‘autoroute’ au trafic lourd, avec de longues côtes et un accotement réduit ou inexistant. Notre prenons notre mal en patience en espérant que cela s’améliorera une fois le long de la côte après Astoria. Pour ne rien arranger le seul camping avant Astoria affiche complet et nous devons installer la tente sur les graviers du parking, heureusement dans les bois bien à l’écart de la chaussée.

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Notre arrivée à Astoria est prometteuse. Une colonie de plus de 100 otaries y a établi son domicile dans la marina et nous propose un concerto en live.

Après passage au visitor center où nous collectons des infos sur les routes et les state parks de l’Oregon nous établissons nos quartiers pour le Week-end dans le state park de Fort Stevens.

Samedi Angèle se promène en maillot de bain sur la plage et y bâtit des châteaux de sable. Le lendemain le scénario est tout autre et nous faisons connaissance avec le fog que nous rencontrerons trop souvent par la suite. Le fog est une brume froide et humide persistant souvent toute la journée et provenant de la mer. Il donne l’impression d’un mur sur le littoral et disparaît à quelques centaines de mètres dans les terres.

En quittant Astoria nous nous engageons rapidement sur l’intersate US 101 que nous ne quitterons qu’à de rares moments tout au long de notre traversée de l’état. En effet les routes alternatives sont rares. Pas grave nous disons-nous car des milliers de cyclistes l’empruntent comme nous chaque année.

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Dès les premiers jours nous sommes déçus car nous nous retrouvons dans un enfer: trafic extrêmement intense, peu de place pour les vélos et peu de choses à voir. Nous avons d’ailleurs notre première crevaison du voyage. Difficile d’y échapper à force de rouler sur les bords de routes jonchés de cailloux, clous, vis et autre ferrailles mais sur lesquels il faut rester pour plus de sécurité. La côte est jolie mais nous ne la voyons que trop rarement.

Ce sentiment est partagé par les autres cyclistes européens que nous croisons les américains semblant s’en accommoder un peu mieux.
Par deux fois nous devons mettre pied à terre alors qu’un camionneur incivique nous dépasse en nous frôlant. Une autre fois nous nous retrouvons le dos à l’air le maillot remonté jusqu’aux omoplates par le souffle d’un camion nous dépassant…

Rapidement nous réfléchissons à une alternative pour échapper à ce piège mais cela ne sera pas évident.

Il ne faudrait cependant pas croire que tout est négatif. Au contraire, le littoral est superbe avec ses falaises et ses longues plages sauvages et peu fréquentées. Dans les petites criques peu accessibles nous pouvons souvent observer des otaries, des phoques ou des lions de mer. Plus loin ce sont des loutres de mer qui semblent prendre du bon temps en faisant la planche au soleil. A chaque fois que la route se rapproche de la mer c’est un vrai régal pour les yeux.

Souvent les campings où nous faisons étape se trouvent près d’une plage ce qui donne à Angèle l’occasion d’y exercer ses talents de bâtisseuse de châteaux de sable.

Concernant les campings nous avons privilégié ceux se trouvant dans les states parks pour différentes raisons. Tout d’abord bien que moins confortables que les campings privés et ne proposant pas le wifi, ils sont pratiquement les seuls à proposer des emplacements et des prix appropriés aux hikers/bikers (personnes voyageant sans véhicules motorisés, compter 5 à 6 $ par personne). De plus la loi les oblige à nous trouver un emplacement même si tous les autres sont occupés ce qui est souvent le cas en cette fin d’été.

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Un autre avantage pour nous est qu’ils sont suffisamment nombreux et espacés régulièrement pour que nous puissions aller de l’un à l’autre. A noter que ces camps sont construits et gérés sur des standards communs sans qu’ils soient identiques pour autant. Situés dans les bois nous y manquons malheureusement parfois de lumière par contre nous devons parfois partager notre emplacement avec les habitants des sous-bois. Ainsi un soir alors que nous nous couchions des petits voleurs masqués tentèrent de nous dépouiller de nos provisions. On nous avait pourtant prévenus que les lieux étaient habités par des ratons-laveurs bien chapardeurs…

Finalement la zone réservée aux hikers/bikers se trouve un peu à l’écart des autres campeurs principalement en caravane et mobilhomes, nous donnant l’occasion de rencontrer et d’échanger avec d’autres cyclos-voyageurs ayant souvent des styles différents. Ces différences se marquent au niveau de la quantité de bagages qui est en corrélation directe avec la durée du voyage et la longueur des étapes journalières. Au niveau du poids nous sommes les champions hors catégories mais il faut dire que nous n’avons pas croisé d’autres familles. Hormis les couples ce sont souvent des hommes que nous voyons voyager en solo mais les femmes seules ne sont pas rares (c’est un des nombreux signes qui nous font penser que le machisme est moins prononcé de ce côté de l’océan)

Au point de vue météorologique bien que descendant vers le sud et nous situant à une latitude correspondant à celle du centre de la France il ne fait pas plus chaud pour autant. Nous subissons quelques jours de pluie, des journées fraîches et des nuits froides. De plus le fog est souvent présent près du littoral et nous amène de l’humidité et une fraîcheur encore accrue.

 

Le relief rencontré est moins contraignant que celui de l’état de Washington, les côtes restent nombreuses mais abordables même avec nos vélos lourdement chargés.

Physiquement nous n’étions plus au top lors de notre entrée en Oregon, nous sentions que notre corps devait puiser dans ses réserves pour nous permettre de continuer à avancer. En diminuant nos distances journalières et en enrichissant nos repas nous avons l’impression de retrouver un peu de peps et de retrouver suffisamment d’énergie pour la suite de nos aventures.

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Washington State

Washington State (du 14 au 24 août – 500 km)

Après une parenthèse canadienne, nous ré-entrons aux États-Unis par la voie marine via le ferry reliant Victoria à Port-Angeles.
Le contrôle d’immigration US s’effectue du côté canadien avant l’embarquement. Une grosse frayeur nous y attend. Malgré que nous ayons un visa valable pendant 10 ans, il ne peut s’écouler que 6 mois au maximum entre une entrée et une sortie du territoire américain sans être retourné au moins une fois dans le pays du passeport, la Belgique dans notre cas. Or notre première entrée date déjà d’il y a 5 mois lors d’une escale dans l’aéroport de Philadelphie alors que nous étions en route pour le Mexique. Légalement il ne nous reste plus qu’un mois avant de rentrer chez nous alors que notre avion n’est réservé que pour dans 2 mois. Nous n’étions pas au courant de ces dispositions malgré notre visite à l’ambassade US lors de la demande de visa et que nous y avions expliqué notre voyage et ses dates dans tous les détails et d’avoir payé près de 500$… Heureusement nous pouvons obtenir une dérogation d’une part parce que cette entrée-ci ne se fait pas par la voie aérienne et que d’autre part nous avons séjourner entre temps plus de 2 mois au Mexique après cette brève escale aéroportuaire à Philadelphie. Ouf…

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La traversée vers Port-Angeles dure 1h30. Après peu de temps le fog s’installe et les passagers sont priés de quitter le pont du navire. La corne de brume se met en route de manière répétée et en même temps la mer s’agite de plus en plus mettant à mal nos estomacs sensibles. Celui d’Angèle n’y résistera pas et son petit déjeuner termine en 2 fois dans un sac en plastique que nous avions heureusement sous la main. C’est avec grand plaisir que nous débarquons aux US.

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Nous découvrons un sentier goudronné (Olympia Discovery Trail, du nom du parc national au nord de l’état de Washington) longeant la côte que nous empruntons vers l’est.

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En effet notre but est de contourner la péninsule par l’intérieur du pays. Le trail est très agréable car il nous tient à l’écart de la circulation mais il serpente énormément par des pentes aux pourcentages sévères à un point tel que nous devons parfois pousser les vélos.

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Après une quinzaine de km Nous passons devant une propriété avec un panneau indiquant non pas l’habituel ‘no trespassing’ mais ‘free camping for hikers and bikers- warmshowers’. Le propriétaire est momentanément absent mais un autre hiker déjà installé nous encourage à planter la tente où nous voulons sur la grande pelouse. A son retour de l’église Lonnie nous souhaite la bienvenue. Nous faisons partie des 200 personnes qu’il accueille gratuitement chaque année !

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Une fois arrivés à l’extrémité Est du trail nous retrouvons les chaussées à la circulation chargée ce qui sera malheureusement le cas pendant une bonne partie de la traversée de l’état de Washington. Cela semble cependant être le quotidien des nombreux cyclistes régionaux que nous croisons sur ces routes.
L’itinéraire que nous empruntons est d’ailleurs celui proposé par une association bien connue de cyclotourisme aux US (Adventure Cycling Association).
De temps en temps nous ressentons même une certaine insécurité particulièrement lorsque la bande d’accotement se rétrécit ou disparaît même s’il faut signaler que les automobilistes sont généralement courtois et prudents lors de leurs dépassements.

Au niveau du relief on dira que le pays n’est pas plat avec même certaines fortes côtes lorsqu’il faut s’éloigner des bras de mer très étirés découpant le pays. Nous aurons tout de même eu deux journées plutôt faciles et agréables au travers de paysages champêtres.

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Après avoir quitté la brume de Port-Angeles (fog) le ciel s’est bien éclairci et nous avons même profité de deux semaines ensoleillées.

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Par rapport au début de notre périple américain les villes de petites et moyennes importances sont beaucoup plus rapprochées et facilitent notre ravitaillement. Plus besoin d’emporter pour plusieurs jours de nourriture dans les sacs…

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D’un autre côté les possibilités de camping sauvage deviennent pratiquement inexistantes car les propriétés privées se succèdent le long des routes. Les campings officiels étant parfois trop éloignés les uns des autres il nous est dans ces cas difficile de trouver un endroit pour la tente (nous sommes limités à 60-70 km par jour). Heureusement dans ce cas nous pouvons compter sur le réseau des Warmshowers qui nous réserveront deux fois un très bon accueil.
Ainsi Jannice et Gary nous offriront les portes de leur maison. C’est le premier couple ayant voyagé en famille que nous rencontrons avec lequel nous avons l’occasion d’échanger nos expériences. La seconde fois ce sera Donna qui nous accueillera au pied levé après notre déception de ne pas trouver de camping ou d’hôtel libre dans sa ville.
Ce bon accueil ne se limite pas uniquement à certains particuliers, ainsi le propriétaire d’un camping en plus d’offrir des cookies maison aux cyclistes logeant dans son camp refusera que nous payions notre seconde nuit sur place. Et cela parce qu’il trouvait que ce qu’ on faisait était ‘chouette’…
Un autre fait intéressant sera notre interview par le journaliste d’un journal local chez Jannice et Gary :

http://www.kitsapsun.com/news/local/road-trip-necessities-gps-repair-tools-stuffed-animals-3a49ed35-db8e-46e9-e053-0100007f91d2-390516981.html

Les doudous d’Angèle sont à présent connus dans tout le Kitsap 🙂

Pour les distraits nous rappelons qu’il est possible de suivre notre progression pratiquement en direct (parfois avec seulement 2 semaines de retard lorsque le wifi et le temps viennent à manquer 😉 sur la page ‘points de passage’.

Enfin nous voudrions dédier cet article à la mémoire de notre ami Michel Lenoir.

Vancouver Island

Liaison en ferry entre l’Alaska et l’île de Vancouver

Pour la traversée de la Colombie-Britannique nous avons délaissé les vélos au profit du ferry. Les raisons de ce choix sont multiples. Tout d’abord cette province du Canada étant très étendue, il nous aurait fallu près de deux mois pour la traverser selon son axe nord-sud sur des routes perçues comme peu intéressantes par les autres cyclistes dont nous avons parcouru les blogs. Ce temps gagné nous pourrons le passer plus tard sur la côte ouest des États-Unis. Une autre raison est que cette croisière assez réputée nous permettra de découvrir le pays sous un autre angle, celui de la mer. Enfin ces quelques jours sans vélo nous permettront de récupérer un peu de nos efforts de ces deux derniers mois.

La traversée de 3 jours au total qui s’étend sur plus de 1500 km à vol d’oiseau se divise en deux parties. La première est opérée par l’Alaska Marine Highway entre Skagway et Prince Rupert et dure près de 43 heures. La seconde reliant prince Rupert’s à Port Hardy tout au nord de l’île de Vancouver dure 16h et est opérée par BC Ferries.

Comme décrit dans l’article précédent, nos derniers jours sur le sol de l’Alaska à Skagway se passeront sous la pluie. Nous profitons d’une brève éclaircie pour démonter la tente au terme d’une courte nuit. Nous embarquons vers 6h du matin sous la pluie qui s’est remise à tomber. Nous nous dirigeons sans tarder dans la cabine que nous avons réservée pour être plus à l’aise. Angèle est surexcitée de voir la mer à travers le hublot de la cabine. De notre côté nous nous affairons à étendre nos affaires afin de les faire sécher. Après le petit déjeuner une sieste s’impose. Nous ne sortirons pas beaucoup de la cabine en cette première journée et nous contenterons d’admirer les paysages très couverts mais néanmoins somptueux au travers de la fenêtre.

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Cette “autoroute” de la mer que nous empruntons est surnommée “inside passage” car elle passe entre la côte et les nombreuses îles très étirées et parallèles à cette dernière. Cela fait que la mer est très calme et que le bateau ne tangue pratiquement pas ce qui n’ est pas pour nous déplaire. A part quelques saumons et des otaries lors d’une escale nous n’ observons pas d’autres animaux marins. L’ arrivée au terminal de Prince Rupert se fait vers 1h du matin.

Après avoir rapidement complété les formalités douanières d’ entrée au Canada nous nous installons au terminal voisin dans l’ attente du ferry de 7h30 vers Port Hardy. Sitôt embarqués nous nous installons dans de confortables fauteuils où nous nous endormons rapidement afin de compenser un peu d’une nuit sans sommeil.

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Ce bateau est plus moderne que le précédent et les fauteuils installés face à de grandes baies vitrées nous permettent d’ admirer à la fois les paysages et la vie marine. Ainsi nous observons un banc de baleines, des dauphins sans oublier des saumons et des aigles.

Nous débarquons vers 23h30, il fait nuit noire et c’ est à l’aide de nos phares accompagnés d’un couple de cyclistes suisses que nous rallions un camping situé quelques km plus loin. Heureusement que nous avons l’habitude de monter la tente et que nous pouvons à présent le faire même en pleine nuit.

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Port Hardy – Port Mc Neill

En déficit de sommeil nous ne roulons qu’une courte première étape sur l’ île de Vancouver. Une route bien plate, un macadam bien lisse et un léger vent de dos rendent cette étape très facile. La seule difficulté de la journée sera de pousser nos montures sur les 200 derniers mètres de piste en côte très raide afin de rejoindre le camping.

Sitôt installés nous nous rendons compte que la jante de la route arrière du vélo de Muriel est fendue sur 2 cm… Comme il s’agit d’une roue de 40 rayons nous savons qu’il ne sera pas facile de trouver une nouvelle jante et de faire faire un nouveau rayonnage en cette partie de l’île très peu peuplée. Nous espérons que la roue tiendra encore 200 km jusqu’à la première “vraie” ville où nous sommes certains de trouver des vélocistes qui pourront nous dépanner.
Dès le lendemain matin nous reprenons la route mais elle s’arrêtera malheureusement après 9km. La jante a complètement rendu l’âme dès la première descente. Sur ce coup là nous avons été trop naïfs. Un pick-up nous ramène au camping que nous venons de quitter. Comme cette journée est fériée en BC nous devons attendre le lendemain avant de rendre visite au vélociste local dont nous venons juste d’apprendre l’rxistence… Nous profitons du temps offert pour faire la lessive et mettre le blog à jour.

Fred se rend chez le réparateur de vélo dès l’ouverture le lendemain matin et en revient avec une nouvelle roue de seulement 32 rayons mais qui devrait tenir jusqu’ à San Francisco. L’ancien moyeu est mis au fond d’une sacoche et nous espérons en refaire une nouvelle roue lors de notre passage en Belgique au mois d’octobre.
Nous passons l’après-midi devant un livre pour Muriel et en activité geocaching autour du camping pour Fred et Angèle.

Port McNeill – Campbell River

Nous reprenons la route après ces 2 jours de repos forcé. 2 km plus loin Angèle crie car elle n’a plus le coussin Minion emballé dans son sac étanche qu’elle porte constamment sur les genoux la journée et qui lui sert d’oreiller pendant la nuit. Nous déchargeons rapidement un vélo et Fred fait demi-tour à la recherche du coussin. C’est les mains vides qu’il revient ½ heure plus tard… Angèle pleure toutes les larmes que ses yeux peuvent donner d’ avoir perdu son “ami”. Les recherches de Muriel sont également vaines et nous soupçonnons fortement que le touriste descendu après nous du camping ne l’ait ai ramassé et conservé pour le sac étanche. Il ne se sera sans doute pas rendu compte du mal occasionné. Nous nous promettons de le remplacer dès que possible.

Port McNeill – Campbell River (du 3 au 5 août)

L’île est généralement partagée en 2 parties : la partie nord considérée comme plus nature et à la météo plus fraîche et humide et le sud plus urbanisé mais à la météo plus clémente, Campbell River constituent la charnière entre les 2 régions.
Nous repartons donc avec un stock de nourriture de 3 jours, aucun ravitaillement n’étant possible pour cette partie nord. C’est également pour nous la dernière occasion de faire du camping sauvage. Ainsi la première nuit nous plantons la tente tout au bord de la rivière.

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L’aspect nature est toujours présent mais en beaucoup moins sauvage que dans les régions précédemment traversées. Au niveau des difficultés sur la route, il y a du dénivelé, les côtes sont plutôt longues mais avec des pourcentages pas trop élevés rendant le parcours plus roulant que dans le Yukon ou en Alaska.

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Arrivés à Campbell River c’est de justesse que nous trouvons un emplacement pour la tente car la ville est une véritable station balnéaire et les campings affichent complets ou refusent carrément les tentes.

Campbell River – Parksville (du 6 au 9 août)

Nous entrons à présent dans la partie sud de l’île qui est beaucoup plus urbanisée et où les stations balnéaire s’enchaînent. Il n’y a que 2 routes: l’autoroute et la route côtière que nous empruntons et qui est malgré tout plutôt chargées. Excepté quelques côtes de ci de là le parcours est relativement plat et peu intéressant.

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Quelques points d’intérêt: des cervidés et leurs faons aperçus quotidiennement jusque dans les jardins des maisons du centre ville, les otaries et phoques nageant en bord de mer et les nombreux buissons de ronces couverts de mûres que nous dégustons à longueur de journée.

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A Comox nous logeons chez Lori qui est elle-même voyageuse à vélo de longue date et qui connaît les besoins de gens comme nous.
Nous passons une journée de repos à Parksville et en profitons pour nous balader sur la plage et visiter l’exposition internationale de sculpture en sable 🙂

Même si la météo s’améliore sensiblement nous gardons toujours nos vestes de pluie et polaires à proximité.

Parksville – Victoria (du 10 au 12 août)

Désormais il est possible de choisir des alternatives aux routes fréquentées. C’est plus long, beaucoup plus vallonné avec des côtes courtes mais très rapides mais c’est sans regret que nous les empruntons pour leur tranquillité. Les paysages sont plus ruraux, les champs, prés et vignobles remplaçant les forêts.

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Dans un grand magasin nous retrouvons un nouvel oreiller Minion pour le plus grand plaisir d’Angèle.

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Lors de notre dernière étape sur l’île nous prenons un ferry ce qui nous permet ensuite de rentrer dans Victoria par le Nord via des pistes cyclables ombragées.

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Depuis quelques jours la météo est nettement plus clémente et nous devons ressortir la crème solaire rangée dans le fond d’un sac depuis le Mexique.
Victoria est la ville la plus importante de l’île de Vancouver (la ville de Vancouver ne se trouvant pas sur l’île du même nom !). Nous sommes accueillis chez nos hôtes Warmshowers David et Kerry qui nous autorisent à planter notre tente dans leur jardin.

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Lors de notre journée de repos à Victoria nous allons visiter les phoques de la matinée et prenons l’ambiance de la ville qui nous apparaît très verte et à la qualité de vie appréciable. Nous allons également échanger un matelas pneumatique défectueux. Nous avions acheté ce dernier dans un magasin de randonnée en Belgique (Lecomte à Waterloo) qui après contact avec le fabriquant Exped avait pu nous confirmer le remplacement possible et sans frais chez un autre revendeur de la marque partout dans le monde!

Ceci clôture notre séjour au Canada. Demain nous repassons aux USA.

 

Nouvelles hors article

La mise à jour du blog étant pour le moment techniquement difficile (nous logeons souvent dans des campings sans wifi et sans accès possible aux données mobiles) nous avons un certain retard dans sa rédaction.

Actuellement nous avons traversé l’état de Washington aux USA et sommes en Oregon. Merci d’être toujours aussi nombreux à nous suivre et même si le blog nous le faisons également pour nous cela nous encourage.

A bientôt pour la suite de nos péripéties 🙂

Grand Nord américain : impressions et enseignements

Nous voulions parcourir le Grand Nord américain (Alaska et Yukon) pour ses grands espaces et la sensation de liberté qu’ils peuvent procurer ainsi que pour sa nature. Au final ce périple a rempli toutes ses promesses.

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Pendant 5 à 6 semaines les paysages montagneux à perte de vue se sont succédés sans oublier les lacs et rivières aux eaux limpides, les cascades et les forêts de conifères et de bouleaux. Pour ce que nous en avons vu les sommets en Alaska nous ont paru plus élevés et enneigés que ceux du Yukon.

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Nous n’oublierons pas de l’Alaska les paysages de montagnes se jetant dans la mer ni les innombrables glaciers.

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La diversité dans les paysages a été moins prononcée qu’au Mexique mais sans que cela ne nous paraisse monotone pour autant.

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Au niveau de la faune nous nous attendions sans doute à croiser plus d’animaux même si au long de ces 1400 km nous avons pu admirer quelques élans, des aigles, 2 loups, 2 porc-épics, 1 renard et une infinité d’écureuils et de chiens de prairie. Le seul ours que nous avons croisé hors du Denali semblait mort dans les fourrés sur le bord de la route. D’après les connaisseurs il est pratiquement impossible de parcourir notre itinéraire sans croiser de plantigrades, ours ou grizzli, mais sans doute notre caravane était trop bruyante pour eux. Nous ne nous en plaindrons pas.

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De part les statistiques météorologiques nous nous attendions à devoir enfiler régulièrement nos vêtements étanches. La réalité du terrain a donné raison aux statistiques. Il a plu tous les jours, parfois uniquement au petit matin ou en soirée si ce n’était la nuit mais rarement pendant de longues périodes de la journée. Autrement dit les précipitations ne nous ont pas réellement handicapés dans notre progression.
Au niveau des températures nous avons un peu tout connu mais nous étions équipés pour toutes les circonstances donc pas de souci pour nous.

Inutile de rappeler à quel point les régions que nous avons traversées sont extrêmement peu peuplées. Sans les motorhomes, voitures de locations et consorts nous n’aurions rencontré pratiquement personne sur les routes. Dans les rares et petites localités traversées il nous a semblé que les personnes d’origines natives (populations ‘tribales’) étaient proportionnellement plus nombreuses qu’ailleurs mais aussi plus désoeuvrées. Sans vouloir être méchants nous sommes souvent posé la question de comment ces gens pouvaient bien gagner leur vie, une supérette et un camping ne pouvant pas donner un salaire à toute une communauté.

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Notre mode de vie a été significativement différent de celui du Mexique. Fini les petits hôtels et restaurants bon marché remplacés par le camping et la cuisine ‘maison’. Les 2 raisons à cela en sont le coût beaucoup plus élevé de ces services qui aurait grevé irrémédiablement notre budget mais également l’absence ou la rareté extrême de ces services en tout cas pour nous qui sommes limités dans notre kilométrage quotidien.

Nous avons expérimenté les 3 types de camping:
– les campings privés où il y a tous les services incluant douches et lavoirs. Leur inconvénient est qu’ils sont plus conçus pour les mobil-homes et caravanes que pour les tentes et que en conséquence ils ressemblent plus à des parkings qu’à des espaces verts aérés. Ils sont également plus chers: entre 15 et 30 € pour une tente et bien plus pour les mobil-homes parfois de la taille d’un bus requérant les branchements à l’eau, à l’électricité (jusqu’à 50 A en 110 V) et à l’égout. De vraies maisons ambulantes avec la voiture accrochée à l’arrière…

– les campings gouvernementaux avec services limités : eau à purifier, toilettes sèches, une table et des bancs, un BBQ et des rondins (il faut emporter sa propre hache), parfois un toit mais jamais de douche ni d’électricité. Les prix (indépendants du type de véhicule ou de logement) sont démocratiques dans le Yukon (9 €) et variables en Alaska (entre 10 et 18 €). Ils sont très prisés pendant les W-E d’autant plus s’ils sont proches d’une ville.


– le bivouac. Gratuit, dans des cadres souvent idylliques mais aucun service si ce n’est à l’occasion l’eau du lac ou de la rivière. Avant d’aller dormir il ne faut pas omettre d’éloigner toute la nourriture, les instruments de cuisine, la poubelle d’au moins une cinquantaine de mètres afin de ne pas attirer un ours dans la tente. Nous n’avons jamais eu de difficulté à trouver un endroit discret où planquer notre tente longue de 5,5 m pas trop loin de la route.

Au fur et à mesure de notre progression nous avons compris que voyager en famille comme nous le faisons est différent de voyager en solo ou en couple. Plutôt que de porter chacun ses propres bagages nous n’avons que 2 porteurs mais tout en triple:
– tente pour 3 personnes donc plus lourde et volumineuse
– une remorque supplémentaire (16 kg) sans compter le poids de l’enfant
– 3 matelas et sacs de couchage
– vêtements pour l’enfant plus petits mais en définitive aussi volumineux et lourds que les vêtements plus ‘techniques’ (duvet et autres matières spéciales) pour adultes
– casseroles plus grandes et plus lourdes, couverts…
– 1 sac de jeux pour l’enfant

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Il ne faut pas oublier que l’enfant n’est pas capable de supporter autant d’heures de selle qu’un adulte même s’il ne pédale pas.

Nous avons rencontré des cyclos en solo parcourant des distances 2x plus longues à la journée que les nôtres.

Indirectement comme nos étapes sont plus courtes il nous en faut plus pour rallier 2 points de ravitaillement possibles, donc plus de jours d’autonomie, donc plus de nourriture à emporter pour trois, donc plus de poids à emporter… c’est le cercle vicieux. En fait nous devons transporter entre 2 et 2,5 kg de nourriture par jour (à multiplier par le nombre de jours d’autonomie, nous sommes allés jusqu’à 8 entre Tok et Dawson marge de sécurité oblige). Il ne faut pas oublier l’eau : 4 bidons d’un litre pour Fred + 3 pour Muriel ainsi que 3 litres supplémentaires en fin de journée avant le bivouac.

Nous avons compris qu’en plus de devoir oublier les étapes longues (idéalement entre 60 et 65 km lors des étapes aux reliefs moyennement peu accidentés) nous devons nous limiter quant aux dénivelés positifs quotidiens sous peine que le plaisir du voyage ne soit gâché par la difficulté de l’effort sur nos bicyclettes surchargées à l’équilibre précaire dans les côtes aux forts pourcentages.

Une conséquence pour l’avenir est que nous avons décidé de traverser l’Oregon non pas par la montagne mais par la route côtière que nous espérons moins vallonnée mais dont toutes les personnes rencontrées nous vantent la beauté des paysages.

D’une manière générale nous sommes très contents d’avoir voyagé en Alaska et dans le Yukon. Nous sommes prêts à continuer le voyage, le moral est au beau fixe.

Le camping est évidemment moins confortable que l’hôtel mais cela ne nous a pas pesé.

Physiquement nous tenons le coup même si nous avons retrouvé le poids de nos 17 ans (sans rire).

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