Vancouver Island

Liaison en ferry entre l’Alaska et l’île de Vancouver

Pour la traversée de la Colombie-Britannique nous avons délaissé les vélos au profit du ferry. Les raisons de ce choix sont multiples. Tout d’abord cette province du Canada étant très étendue, il nous aurait fallu près de deux mois pour la traverser selon son axe nord-sud sur des routes perçues comme peu intéressantes par les autres cyclistes dont nous avons parcouru les blogs. Ce temps gagné nous pourrons le passer plus tard sur la côte ouest des États-Unis. Une autre raison est que cette croisière assez réputée nous permettra de découvrir le pays sous un autre angle, celui de la mer. Enfin ces quelques jours sans vélo nous permettront de récupérer un peu de nos efforts de ces deux derniers mois.

La traversée de 3 jours au total qui s’étend sur plus de 1500 km à vol d’oiseau se divise en deux parties. La première est opérée par l’Alaska Marine Highway entre Skagway et Prince Rupert et dure près de 43 heures. La seconde reliant prince Rupert’s à Port Hardy tout au nord de l’île de Vancouver dure 16h et est opérée par BC Ferries.

Comme décrit dans l’article précédent, nos derniers jours sur le sol de l’Alaska à Skagway se passeront sous la pluie. Nous profitons d’une brève éclaircie pour démonter la tente au terme d’une courte nuit. Nous embarquons vers 6h du matin sous la pluie qui s’est remise à tomber. Nous nous dirigeons sans tarder dans la cabine que nous avons réservée pour être plus à l’aise. Angèle est surexcitée de voir la mer à travers le hublot de la cabine. De notre côté nous nous affairons à étendre nos affaires afin de les faire sécher. Après le petit déjeuner une sieste s’impose. Nous ne sortirons pas beaucoup de la cabine en cette première journée et nous contenterons d’admirer les paysages très couverts mais néanmoins somptueux au travers de la fenêtre.

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Cette “autoroute” de la mer que nous empruntons est surnommée “inside passage” car elle passe entre la côte et les nombreuses îles très étirées et parallèles à cette dernière. Cela fait que la mer est très calme et que le bateau ne tangue pratiquement pas ce qui n’ est pas pour nous déplaire. A part quelques saumons et des otaries lors d’une escale nous n’ observons pas d’autres animaux marins. L’ arrivée au terminal de Prince Rupert se fait vers 1h du matin.

Après avoir rapidement complété les formalités douanières d’ entrée au Canada nous nous installons au terminal voisin dans l’ attente du ferry de 7h30 vers Port Hardy. Sitôt embarqués nous nous installons dans de confortables fauteuils où nous nous endormons rapidement afin de compenser un peu d’une nuit sans sommeil.

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Ce bateau est plus moderne que le précédent et les fauteuils installés face à de grandes baies vitrées nous permettent d’ admirer à la fois les paysages et la vie marine. Ainsi nous observons un banc de baleines, des dauphins sans oublier des saumons et des aigles.

Nous débarquons vers 23h30, il fait nuit noire et c’ est à l’aide de nos phares accompagnés d’un couple de cyclistes suisses que nous rallions un camping situé quelques km plus loin. Heureusement que nous avons l’habitude de monter la tente et que nous pouvons à présent le faire même en pleine nuit.

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Port Hardy – Port Mc Neill

En déficit de sommeil nous ne roulons qu’une courte première étape sur l’ île de Vancouver. Une route bien plate, un macadam bien lisse et un léger vent de dos rendent cette étape très facile. La seule difficulté de la journée sera de pousser nos montures sur les 200 derniers mètres de piste en côte très raide afin de rejoindre le camping.

Sitôt installés nous nous rendons compte que la jante de la route arrière du vélo de Muriel est fendue sur 2 cm… Comme il s’agit d’une roue de 40 rayons nous savons qu’il ne sera pas facile de trouver une nouvelle jante et de faire faire un nouveau rayonnage en cette partie de l’île très peu peuplée. Nous espérons que la roue tiendra encore 200 km jusqu’à la première “vraie” ville où nous sommes certains de trouver des vélocistes qui pourront nous dépanner.
Dès le lendemain matin nous reprenons la route mais elle s’arrêtera malheureusement après 9km. La jante a complètement rendu l’âme dès la première descente. Sur ce coup là nous avons été trop naïfs. Un pick-up nous ramène au camping que nous venons de quitter. Comme cette journée est fériée en BC nous devons attendre le lendemain avant de rendre visite au vélociste local dont nous venons juste d’apprendre l’rxistence… Nous profitons du temps offert pour faire la lessive et mettre le blog à jour.

Fred se rend chez le réparateur de vélo dès l’ouverture le lendemain matin et en revient avec une nouvelle roue de seulement 32 rayons mais qui devrait tenir jusqu’ à San Francisco. L’ancien moyeu est mis au fond d’une sacoche et nous espérons en refaire une nouvelle roue lors de notre passage en Belgique au mois d’octobre.
Nous passons l’après-midi devant un livre pour Muriel et en activité geocaching autour du camping pour Fred et Angèle.

Port McNeill – Campbell River

Nous reprenons la route après ces 2 jours de repos forcé. 2 km plus loin Angèle crie car elle n’a plus le coussin Minion emballé dans son sac étanche qu’elle porte constamment sur les genoux la journée et qui lui sert d’oreiller pendant la nuit. Nous déchargeons rapidement un vélo et Fred fait demi-tour à la recherche du coussin. C’est les mains vides qu’il revient ½ heure plus tard… Angèle pleure toutes les larmes que ses yeux peuvent donner d’ avoir perdu son “ami”. Les recherches de Muriel sont également vaines et nous soupçonnons fortement que le touriste descendu après nous du camping ne l’ait ai ramassé et conservé pour le sac étanche. Il ne se sera sans doute pas rendu compte du mal occasionné. Nous nous promettons de le remplacer dès que possible.

Port McNeill – Campbell River (du 3 au 5 août)

L’île est généralement partagée en 2 parties : la partie nord considérée comme plus nature et à la météo plus fraîche et humide et le sud plus urbanisé mais à la météo plus clémente, Campbell River constituent la charnière entre les 2 régions.
Nous repartons donc avec un stock de nourriture de 3 jours, aucun ravitaillement n’étant possible pour cette partie nord. C’est également pour nous la dernière occasion de faire du camping sauvage. Ainsi la première nuit nous plantons la tente tout au bord de la rivière.

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L’aspect nature est toujours présent mais en beaucoup moins sauvage que dans les régions précédemment traversées. Au niveau des difficultés sur la route, il y a du dénivelé, les côtes sont plutôt longues mais avec des pourcentages pas trop élevés rendant le parcours plus roulant que dans le Yukon ou en Alaska.

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Arrivés à Campbell River c’est de justesse que nous trouvons un emplacement pour la tente car la ville est une véritable station balnéaire et les campings affichent complets ou refusent carrément les tentes.

Campbell River – Parksville (du 6 au 9 août)

Nous entrons à présent dans la partie sud de l’île qui est beaucoup plus urbanisée et où les stations balnéaire s’enchaînent. Il n’y a que 2 routes: l’autoroute et la route côtière que nous empruntons et qui est malgré tout plutôt chargées. Excepté quelques côtes de ci de là le parcours est relativement plat et peu intéressant.

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Quelques points d’intérêt: des cervidés et leurs faons aperçus quotidiennement jusque dans les jardins des maisons du centre ville, les otaries et phoques nageant en bord de mer et les nombreux buissons de ronces couverts de mûres que nous dégustons à longueur de journée.

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A Comox nous logeons chez Lori qui est elle-même voyageuse à vélo de longue date et qui connaît les besoins de gens comme nous.
Nous passons une journée de repos à Parksville et en profitons pour nous balader sur la plage et visiter l’exposition internationale de sculpture en sable 🙂

Même si la météo s’améliore sensiblement nous gardons toujours nos vestes de pluie et polaires à proximité.

Parksville – Victoria (du 10 au 12 août)

Désormais il est possible de choisir des alternatives aux routes fréquentées. C’est plus long, beaucoup plus vallonné avec des côtes courtes mais très rapides mais c’est sans regret que nous les empruntons pour leur tranquillité. Les paysages sont plus ruraux, les champs, prés et vignobles remplaçant les forêts.

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Dans un grand magasin nous retrouvons un nouvel oreiller Minion pour le plus grand plaisir d’Angèle.

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Lors de notre dernière étape sur l’île nous prenons un ferry ce qui nous permet ensuite de rentrer dans Victoria par le Nord via des pistes cyclables ombragées.

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Depuis quelques jours la météo est nettement plus clémente et nous devons ressortir la crème solaire rangée dans le fond d’un sac depuis le Mexique.
Victoria est la ville la plus importante de l’île de Vancouver (la ville de Vancouver ne se trouvant pas sur l’île du même nom !). Nous sommes accueillis chez nos hôtes Warmshowers David et Kerry qui nous autorisent à planter notre tente dans leur jardin.

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Lors de notre journée de repos à Victoria nous allons visiter les phoques de la matinée et prenons l’ambiance de la ville qui nous apparaît très verte et à la qualité de vie appréciable. Nous allons également échanger un matelas pneumatique défectueux. Nous avions acheté ce dernier dans un magasin de randonnée en Belgique (Lecomte à Waterloo) qui après contact avec le fabriquant Exped avait pu nous confirmer le remplacement possible et sans frais chez un autre revendeur de la marque partout dans le monde!

Ceci clôture notre séjour au Canada. Demain nous repassons aux USA.

 

Nouvelles hors article

La mise à jour du blog étant pour le moment techniquement difficile (nous logeons souvent dans des campings sans wifi et sans accès possible aux données mobiles) nous avons un certain retard dans sa rédaction.

Actuellement nous avons traversé l’état de Washington aux USA et sommes en Oregon. Merci d’être toujours aussi nombreux à nous suivre et même si le blog nous le faisons également pour nous cela nous encourage.

A bientôt pour la suite de nos péripéties 🙂

Grand Nord américain : impressions et enseignements

Nous voulions parcourir le Grand Nord américain (Alaska et Yukon) pour ses grands espaces et la sensation de liberté qu’ils peuvent procurer ainsi que pour sa nature. Au final ce périple a rempli toutes ses promesses.

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Pendant 5 à 6 semaines les paysages montagneux à perte de vue se sont succédés sans oublier les lacs et rivières aux eaux limpides, les cascades et les forêts de conifères et de bouleaux. Pour ce que nous en avons vu les sommets en Alaska nous ont paru plus élevés et enneigés que ceux du Yukon.

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Nous n’oublierons pas de l’Alaska les paysages de montagnes se jetant dans la mer ni les innombrables glaciers.

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La diversité dans les paysages a été moins prononcée qu’au Mexique mais sans que cela ne nous paraisse monotone pour autant.

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Au niveau de la faune nous nous attendions sans doute à croiser plus d’animaux même si au long de ces 1400 km nous avons pu admirer quelques élans, des aigles, 2 loups, 2 porc-épics, 1 renard et une infinité d’écureuils et de chiens de prairie. Le seul ours que nous avons croisé hors du Denali semblait mort dans les fourrés sur le bord de la route. D’après les connaisseurs il est pratiquement impossible de parcourir notre itinéraire sans croiser de plantigrades, ours ou grizzli, mais sans doute notre caravane était trop bruyante pour eux. Nous ne nous en plaindrons pas.

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De part les statistiques météorologiques nous nous attendions à devoir enfiler régulièrement nos vêtements étanches. La réalité du terrain a donné raison aux statistiques. Il a plu tous les jours, parfois uniquement au petit matin ou en soirée si ce n’était la nuit mais rarement pendant de longues périodes de la journée. Autrement dit les précipitations ne nous ont pas réellement handicapés dans notre progression.
Au niveau des températures nous avons un peu tout connu mais nous étions équipés pour toutes les circonstances donc pas de souci pour nous.

Inutile de rappeler à quel point les régions que nous avons traversées sont extrêmement peu peuplées. Sans les motorhomes, voitures de locations et consorts nous n’aurions rencontré pratiquement personne sur les routes. Dans les rares et petites localités traversées il nous a semblé que les personnes d’origines natives (populations ‘tribales’) étaient proportionnellement plus nombreuses qu’ailleurs mais aussi plus désoeuvrées. Sans vouloir être méchants nous sommes souvent posé la question de comment ces gens pouvaient bien gagner leur vie, une supérette et un camping ne pouvant pas donner un salaire à toute une communauté.

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Notre mode de vie a été significativement différent de celui du Mexique. Fini les petits hôtels et restaurants bon marché remplacés par le camping et la cuisine ‘maison’. Les 2 raisons à cela en sont le coût beaucoup plus élevé de ces services qui aurait grevé irrémédiablement notre budget mais également l’absence ou la rareté extrême de ces services en tout cas pour nous qui sommes limités dans notre kilométrage quotidien.

Nous avons expérimenté les 3 types de camping:
– les campings privés où il y a tous les services incluant douches et lavoirs. Leur inconvénient est qu’ils sont plus conçus pour les mobil-homes et caravanes que pour les tentes et que en conséquence ils ressemblent plus à des parkings qu’à des espaces verts aérés. Ils sont également plus chers: entre 15 et 30 € pour une tente et bien plus pour les mobil-homes parfois de la taille d’un bus requérant les branchements à l’eau, à l’électricité (jusqu’à 50 A en 110 V) et à l’égout. De vraies maisons ambulantes avec la voiture accrochée à l’arrière…

– les campings gouvernementaux avec services limités : eau à purifier, toilettes sèches, une table et des bancs, un BBQ et des rondins (il faut emporter sa propre hache), parfois un toit mais jamais de douche ni d’électricité. Les prix (indépendants du type de véhicule ou de logement) sont démocratiques dans le Yukon (9 €) et variables en Alaska (entre 10 et 18 €). Ils sont très prisés pendant les W-E d’autant plus s’ils sont proches d’une ville.


– le bivouac. Gratuit, dans des cadres souvent idylliques mais aucun service si ce n’est à l’occasion l’eau du lac ou de la rivière. Avant d’aller dormir il ne faut pas omettre d’éloigner toute la nourriture, les instruments de cuisine, la poubelle d’au moins une cinquantaine de mètres afin de ne pas attirer un ours dans la tente. Nous n’avons jamais eu de difficulté à trouver un endroit discret où planquer notre tente longue de 5,5 m pas trop loin de la route.

Au fur et à mesure de notre progression nous avons compris que voyager en famille comme nous le faisons est différent de voyager en solo ou en couple. Plutôt que de porter chacun ses propres bagages nous n’avons que 2 porteurs mais tout en triple:
– tente pour 3 personnes donc plus lourde et volumineuse
– une remorque supplémentaire (16 kg) sans compter le poids de l’enfant
– 3 matelas et sacs de couchage
– vêtements pour l’enfant plus petits mais en définitive aussi volumineux et lourds que les vêtements plus ‘techniques’ (duvet et autres matières spéciales) pour adultes
– casseroles plus grandes et plus lourdes, couverts…
– 1 sac de jeux pour l’enfant

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Il ne faut pas oublier que l’enfant n’est pas capable de supporter autant d’heures de selle qu’un adulte même s’il ne pédale pas.

Nous avons rencontré des cyclos en solo parcourant des distances 2x plus longues à la journée que les nôtres.

Indirectement comme nos étapes sont plus courtes il nous en faut plus pour rallier 2 points de ravitaillement possibles, donc plus de jours d’autonomie, donc plus de nourriture à emporter pour trois, donc plus de poids à emporter… c’est le cercle vicieux. En fait nous devons transporter entre 2 et 2,5 kg de nourriture par jour (à multiplier par le nombre de jours d’autonomie, nous sommes allés jusqu’à 8 entre Tok et Dawson marge de sécurité oblige). Il ne faut pas oublier l’eau : 4 bidons d’un litre pour Fred + 3 pour Muriel ainsi que 3 litres supplémentaires en fin de journée avant le bivouac.

Nous avons compris qu’en plus de devoir oublier les étapes longues (idéalement entre 60 et 65 km lors des étapes aux reliefs moyennement peu accidentés) nous devons nous limiter quant aux dénivelés positifs quotidiens sous peine que le plaisir du voyage ne soit gâché par la difficulté de l’effort sur nos bicyclettes surchargées à l’équilibre précaire dans les côtes aux forts pourcentages.

Une conséquence pour l’avenir est que nous avons décidé de traverser l’Oregon non pas par la montagne mais par la route côtière que nous espérons moins vallonnée mais dont toutes les personnes rencontrées nous vantent la beauté des paysages.

D’une manière générale nous sommes très contents d’avoir voyagé en Alaska et dans le Yukon. Nous sommes prêts à continuer le voyage, le moral est au beau fixe.

Le camping est évidemment moins confortable que l’hôtel mais cela ne nous a pas pesé.

Physiquement nous tenons le coup même si nous avons retrouvé le poids de nos 17 ans (sans rire).

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La klondike highway

Pour notre dernière partie de voyage dans le grand nord américain nous avons parcouru la Klondike Highway sur toute sa longueur soit près de 750 km. La Klondike Highway est l’ancienne route des pionniers et de la ruée vers l’or. Elle donne un accès à la mer à la province canadienne du Yukon. De nos jours elle est moins fréquentée et peuplée que l’Alaska Highway construite pendant la seconde guerre et qui relie l’Alaska au reste des États-Unis au travers du Canada mais les paysages y sont néanmoins réputés plus spectaculaires et sauvages.

Après la ‘Top of the World’ (voir article précédent) nous n’en avons pas fini avec l’autonomie car sur ces 750 km il n’y a guère que 4 endroits où nous pourrons nous ravitailler: Pelly Crossing, Carmacks, Whitehorse et Carcross. Ailleurs pas la moindre petite épicerie ne pourra nous dépanner. Cela explique également le laps de temps plus long entre les articles de ce blog qu’il ne l’était au Mexique: les points d’accès Wifi ne sont pas plus nombreux que les épiceries…

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9 au 12 juillet : Dawson City – Pelly Crossing (250 km)

Nous quittons Dawson tout en douceur en longeant la rivière Klondike pendant 50 km.

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Nous pouvons y admirer pour la première fois les ingénieuses constructions en bois des castors.

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Après cette belle partie toute plate nous quittons la rivière et passons une côte de 8 km. Au début de la montée une voiture s’arrête et le conducteur nous demande si nous avons besoin d’eau. Nous lui répondons que nous venons de faire le plein à la rivière. Sur ce il nous propose de la bière que nous ne refusons pas. Nous voilà donc lestés de 2 cannettes supplémentaires que nous boirrons donc en soirée avec grand plaisir et à la santé de ce brave homme dont nous ignorons même le nom. Nous profiterons encore d’autres jours de cette générosité en recevant des Mars,du pop corn… Ici les gens sont plus solitaires mais également plus solidaires.
Faute de campings nous bivouacerons 2 nuits sur les 4.
La pluie ne nous a pas ennuyés sur les vélos par contre elle a parfois précipité notre arrêt à l’étape ou retardé notre départ. Ainsi nous ne quitterons le camping de Moose Creek qu’à 12h30. De manière générale le temps est instable et il est impossible d’échapper aux orages de montagne une fois 16h30. La tente résiste bien aux intempéries mais montre quelques légères faiblesses au niveau de certaines coutures qu’il faudra éliminer dès que nous trouverons de l’imperméabilisant.
Nous faisons halte une journée au camping de Pelly Crossing près d’une supérette qui nous inspire peu lors de la composition de nos menus de repas.

14 et 15 juillet : Pelly Crossing – Carmacks (108 km)

Nous bivouacons après une soixantaine de km assez plats le long d’une petite rivière dans une clairière bien calme au milieu de la forêt. Les avantages de la rivière à proximité sont multiples : possibilité de se rafraîchir (rapidement car l’eau est tout de même très froide :-), eau pour la cuisine et la vaisselle ainsi que pour les boissons (après traitement avec des pastilles chlorées)
Après une seconde journée plus vallonnée que la veille nous atteignons Carmacks et son camping où nous prendrons notre première douche depuis 1 semaine. Nous faisons arrêt pendant une journée et faisons connaissance avec une population locale semblant assez désoeuvrée.

Du 17 au 19 juillet : Carmacks – Whitehorse (190 km)

C’est sur ce tronçon que nous rencontrons le plus de monde et que nous pouvons établir le plus de contacts.
Après une première journée assez longue pour nous de 75 km nous arrivons au camping qui n’existe plus… Heureusement il s’y trouve toujours un lodge où nous trouvons de l’eau. Nous allons bivouacer un peu plus loin afin de rester proche du lodge où il est possible de déjeuner avec du pain à la cannelle.
Au petit matin nous sommes réveillés par les ouvriers s’occupant de la maintenance du réseau électrique proche. Le petit-déjeuner au lodge est l’un des plus succulents depuis que nous avons quitté la Belgique.
La route devient peu à peu plus montagneuse. En fin d’après-midi nous plantons la tente au bord du lac Laberge.

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Le camping affiche complet peu après notre arrivée au point que certains mobilhomes s’installent sur le parking mais à notre surprise lorsque nous pointons le nez hors de la tente le lendemain vers 8h le camp est à peu près vide ! Les Américains commencent et finissent tôt les journées. Le seul inconvénient pour nous de ce camping est qu’il est plutôt en contrebas de la route et que nous devrons grimper 3 km pour la rejoindre le lendemain
Après cette remontée l’étape jusqu’à Whitehorse est facile même si la circulation devient légèrement plus dense.

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20 et 21 juillet : journées de relâche à Whitehorse

Nous logeons chez Joanna et Tao que nous avons contactés via le réseau ‘Warmshowers’. Nous profitons de ces 2 journées pour nous balader dans la capitale du Yukon peuplée de 23.000 habitants. Quoique petite à nos yeux la ville propose toutes les facilités: restaurants permettant à Angèle de déguster le hamburger-frites que nous lui avions promis, supermarchés, plaines de jeux…
Angèle est également ravie de jouer avec le petit garçon de son âge de la famille qui nous accueille.
Ces 2 journées sont également plus humides et plus fraîches.

Du 22 au 25 juillet : Whitehorse – Skagway (180 km)

A la sortie de la ville 2 loups traversent tranquillement la route quelques mètres devant nous. Ils sont malheureusement trop timides que pour se laisser photographier.
Veille de W-E oblige, la route est plus chargée par les citadins partant camper mais sans que cela soit dérangeant. Plus dérangeant par contre est le vent de face qui forcira chaque jour un peu plus et ce jusqu’à Skagway. La température est de plus en plus basse avoisinant les 12°C en journée sans oublier la pluie de la dernière étape. Nous sortons les gants et les chaussettes étanches alors que la canicule règne en Belgique…
C’est lors de ces 4 dernières journées le long de la Klondike que nous traversons ses plus beaux paysages composés d’une succession de montagnes, lacs, cascades… La route est bien vallonnée mais cela reste faisable pour nous si nous raccourcissons légèrement nos étapes. Le point d’orgue est le passage du col du White Pass marquant la frontière entre le Canada et l’Alaska avant une descente vertigineuse de 20 km vers Skagway.

26 et 27 juillet : Skagway

Nous arrivons bien à l’avance avant de prendre le ferry en direction de Vancouver Island réservé pour le 28. La ville composée d’une succession de commerces ne vit que l’été principalement grâce aux touristes débarquant d’énormes bateaux de croisière. Pour notre part nous sommes accueillis par Paul et Anna du réseau Warmshowers. Ils travaillent comme saisonniers au magasin de cycles qui organise également des randonnées à vélo pour les touristes. Paul et Anna logent en caravane et nous proposent de planter notre tente à côté. Ils nous ouvrent également les portes de leur caravane où nous passerons la deuxième journée pendant laquelle il pleuvra sans discontinuer de la nuit à la nuit suivante.

L’Alaska en vélo, en route vers le Canada !

Glenn Highway et Tok Cutoff

Nous quittons le domicile de nos hôtes John et Karen à Anchorage ce mercredi 22 juin pour une première étape de seulement 10 km.

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Nous avons rendez-vous en ville avec Jennifer qui nous propose de nous conduire en voiture une centaine de km plus loin aux environs de Glacier View sur la Glenn Highway. En effet cette partie de la route est reconnue comme dangereuse pour les cyclistes car elle est relativement étroite et souvent sans accotement tout en étant fréquentée par de nombreux mobilhomes. Le métier de Jennifer est justement d’assurer la navette pour les randonneurs se rendant au Wrangell-St Elias National Park mais pour nous le trajet sera gratuit! Pour la remercier nous ne pouvons que faire un peu de publicité pour son entreprise.

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Tout comme au Mexique notre première journée sera difficile car nous devons trouver de nouveaux repères. La route est assez vallonnée et le camping auquel nous avions prévu de nous arrêter semble fermé. Heureusement nous trouvons une rivière où prendre de l’eau et une église derrière laquelle nous installer pour la nuit.

Nous arrivons à Glennallen en milieu d’après-midi sous quelques gouttes de pluie. Nous passons au supermarché afin d’y remplir nos sacoches de nourriture car la prochaine épicerie digne de ce nom se trouve pas moins de 200 km plus loin.
Nous nous élançons donc le lendemain sur le Tok Cutoff. La route est censée suivre la rivière ce qui n’empêchera pas quelques belles côtes dans son premier tronçon. Sur la route nous croiserons un élan peu farouche et serons survolé par un aigle américain.

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Nous serons également dépassés par Éric, un Californien cyclo-voyageur comme nous. Il nous laisse quasi sur place car son chargement est beaucoup plus réduit que le nôtre ce qui lui permet également de réaliser des étapes beaucoup plus longues. Ce constat sera le même pour tous les autres cyclistes que nous rencontrerons plus tard.

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Nous plantons notre tente au camping de Chistochina où nous resterons finalement deux nuits. En effet l’endroit est bien équipé et les propriétaires nous donnent l’accès au salon du lodge où nous passerons bien au sec une seconde journée pluvieuse.

Nous rejoignons Tok en deux étapes et demi. La route est agréable et sans difficulté majeure. Ces jours-là nous pouvons espérer réaliser entre 50 et 75 km. Nous rencontrons un autre élan semblant prendre son bain…

La journée de repos à Tok est consacrée à la lessive et au ravitaillement. En effet nous savons déjà que les prochains jours ne seront pas de tout repos.

Taylor et ‘Top of the World’ Highways jusqu’à Dawson City

Pour rejoindre Whitehorse au Canada il y a deux possibilités: soit suivre l’Alaska Highway qui est également la voie la plus directe et la plus facile, soit suivre la ‘Top of the world’ Highway qui est la plus pittoresque des deux. En effet plutôt que d’emprunter les vallées elle sillonne par les crêtes et les sommets des montagnes et offre des points de vue magnifiques. C’est avec une certaine appréhension qu’à la Tetlin Junction nous tournons à gauche vers la voie la plus difficile.

Nous divisons mentalement les 300 km jusqu’à Dawson en deux parties, la première se terminant à Chicken après 130 km. C’est le seul endroit sur les 300 km où il y aura moyen de prendre un repas et une douche. Cependant il n’y a pas là d’épicerie et nous emportons avec nous pour 7 jours de nourriture. Inutile de signaler que nous sommes plus chargés que jamais et que nos sacoches sont pleines à craquer.

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Nous sommes également équipé d’une boîte à l’épreuve des ours afin d’y stocker notre nourriture en dehors de la tente. En effet il est recommandé de ne pas garder avec soi la nuit des aliments dont l’odeur pourrait attirer des ours. Ce tonnelet magique à malheureusement un prix: son poids…
Les deux étapes jusqu’à Chicken sont éprouvantes. Nous commençons par une côte de 10 km que nous mettons 2h à gravir. Ensuite les montées et les descente s’enchaînent les unes aux autres. Le premier jour nous croisons Dale un cyclo canadien qui nous met au parfum pour la suite du programme, ce qui n’est pas pour nous rassurer.

A ce moment nous arrêtons un premier mobil-home et lui demandons un peu d’eau ce qui sera accepté sans aucune hésitation. Cela sera d’ailleurs le cas à chaque fois que nous le ferons. Nous avons parcouru 65 km lorsque nous voyons un camping-car tout-terrain stationné sur un parking. Nous y faisons connaissance avec un couple allemand qui parcourt les Amériques depuis 6 ans. Nous sympathisons rapidement et décidons de planter la tente et d’y passer la nuit à leurs côtés.
Ce sera également l’occasion pour Angèle de se faire de nouveaux amis.

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La deuxième journée jusqu’à Chicken se termine sous la pluie et est à l’image de la première: une succession de montées et de descentes. À noter également que le revêtement de la route se termine peu avant Chicken et que nous ne le retrouverons pas avant Dawson City soit 170 km plus loin si ce ne sont quelques miles avant la frontière canadienne.

Ce soir nous avons une bière et une pizza qui nous changent de notre menu maison quotidien composé principalement de spaghetti. Nous le payerons le lendemain car les pizzas censées être pour 4 personnes et d’un prix excessif ne rempliront pas nos estomacs à satiété si ce n’est celui d’Angèle.

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Il pleut toute la nuit mais nous parvenons tout de même à replier la tente au sec. Néanmoins la piste a relativement bien absorbé l’eau de la nuit. Notre progression est cependant laborieuse car les jambes sont molles et le dénivelé important. Le moral n’est pas au zénith. Après 4h de montées et de descentes nous sommes à une altitude à peine 100 m plus élevée qu’à notre point de départ et avons parcouru seulement 25 km… A cet endroit se trouve un camping où nous pouvons nous ravitailler en eau potable et bien que cela n’était pas planifié nous décidons de nous y arrêter pour la nuit et d’y recharger nos batteries. L’endroit est agréable et nous disposons d’une table de pique-nique à l’abri d’un kiosque qui protégera également nos vélos. Mais pas la tente malheureusement… car au petit matin une forte pluie se déclenche et retardera notre départ d’une heure ou deux.

Nous n’avions pas besoin de cela. Il est déjà 11h30 lorsque nous prenons la route ou plutôt la piste. Les 15 premiers km sont en pente douce le long d’une rivière où nous déjeunons.

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Ensuite la pente devient plus raide et nous nous arrêtons pour la nuit après 45 km peu avant la frontière canadienne qui n’est ouverte qu’entre 8h et 20h. Quelques km avant de nous arrêter nous sommes dépassés par nos ami allemands qui sont très contents de nous revoir et qui une fois de plus nous feront le plein d’eau. A noter qu’en fin de piste peu avant la partie asphaltée nous croisons également Dennis un cyclo anversois en voyage au Canada et en Alaska pendant 5 mois.

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La nuit sur un parking le long de la route sera très calme du fait de la circulation inexistante. Nous nous endormons avec le hurlement des loups dans le lointain.

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Au matin de ce 5ème jour depuis Tok nous mettons une heure et demie pour gravir les 7 derniers km jusqu’au poste frontière. Dans la montée nous croisons 2 cyclos italiens qui n’ont pu se ravitailler en eau au poste-frontière contrairement à ce que nous pensions possible. Nous remplissons donc nos bidons d’eau coulant de la montagne. Le douanier canadien est très sympathique et nous propose de remplir nos bidons d’eau… ils sont visiblement moins prévenants du côté américain…

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Après le poste de frontière nos peines ne sont pas terminées que du contraire. La piste a repris et est plus dégradée que du côté américain, il pleut et les pourcentages sont plus sévères ce qui nous oblige à pousser nos vélos une première fois.
À un certain moment Angèle est très contente car il y a de la neige le long de la route et nous pouvons façonner un petit Olaf en miniature…

Au pied d’une côte une famille américaine en motor-home à qui nous demandons de l’eau nous propose de nous emmener jusqu’à Dawson. Nous refusons poliment et peu rassurés ils nous laissent en plus de l’eau une crème à la glace pour Angèle et des bananes pour ses parents (???). Nos regrets sont énormes lorsqu’un peu plus loin dans une côte nous devons pousser nos vélos pendant un kilomètre, Angèle étant priée de descendre de la remorque et de marcher à côté de nous…
Très inquiète pour nous cette famille attendra notre arrivée le lendemain à Dawson City avant de poursuivre sa route…

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Nous mettons un terme à cette journée après 55 km soit une petite soixantaine de kilomètres avant Dawson.

Au réveil nous attendons que la pluie cesse avant de replier nos bagages. Heureusement cette dernière journée sera finalement la plus facile de toutes malgré la pluie qui reprendra et ne nous quittera pratiquement pas. Après quelques côtes comparables à celles des jours précédents les pentes se font moins raides, pour la première fois nous rencontrons même des portions plates et c’est au bout d’une descente de 15 km que nous arrivons à Dawson City. Peu avant la ville il faut prendre le bac pour traverser la rivière Yukon. Dans le centre nous rencontrons une dernière fois nos amis allemands.

À présent nous nous reposons pendant deux jours avant de reprendre la route et en profitons pour visiter la ville qui a gardé son charme d’il y a une centaine d’années où elle était un des centres de la ruée vers l’or. C’est également l’occasion de nettoyer nos vélos et sacoches maculés par la piste détrempée de ces derniers jours.

En conclusion nous ne regrettons absolument pas d’avoir emprunté cette voie par le toit du monde mais nous ne recommencerions pas. En effet les paysages furent époustouflants, les montagnes et la nature à perte de vue, mais la difficulté du chemin ne nous a malheureusement pas permis de profiter à fond de ce plaisir.