En route vers le nord : de Ninh Binh à Hanoï via Cat Ba

Après une nuit tranquille dans le train nous débarquons à la gare de Ninh Binh vers 9h30. Les vélos nous attendent sur le quai, enfermés dans des cages en bois censées les protéger pendant le voyage. Comme nous pouvons nous y attendre il faut encore payer le manutentionnaire afin de les récupérer. Après un état des lieux rapides nous ne sommes pas convaincus par l’efficacité de la méthode d’emballage.

Nous nous rendons à l’hôtel où nous pouvons déposer les bagages et nous restaurer avant de reprendre les vélos en direction de Hoa Lu, une éphémère capitale de l’ancien empire vietnamien. Il ne reste plus grand chose de cette capitale mais plus intéressante est la route qui nous y conduit. Cette dernière traverse en effet de spectaculaires paysages de pitons karstiques formant un ensemble parfois appelé baie d’Ha Long terrestre car similaire à sa grande soeur maritime de Ha Long. Le GPS nous emmène par de petits chemins de traverse où nous devons slalomer pour éviter les poules, cochons et canards.

Alors que nous n’avions croisé que quelques villageois au milieu de ces paysages de rêve c’est dans une cohue de touristes principalement vietnamiens que nous arrivons près du site de l’ancienne capitale. L’intérêt de ces visiteurs locaux doit être différent du notre, probablement plus religieux et lié à leur histoire car à nos yeux sans être inintéressant le site est beaucoup moins spectaculaire que la route qui nous y avait conduits.

Le lendemain nous réenfourchons nos montures pour nous rendre une dizaine de km plus au Sud à Tam Côc. La visite du site se fait en barque sur une rivière serpentant au milieu des pains de sucre et traversant parfois ces derniers dans des grottes obscures d’où provient le nom « Tam Côc » signifiant « trois grottes ». On peut dire que les visiteurs nombreux sont bien canalisés car les barques se suivent les unes après les autres et n’acceptent que maximum 2 étrangers à la fois au contraire des locaux s’y entassant parfois à 6 ou 7. Il s’agit ici à notre avis moins d’un problème de poids que d’optimisation du bénéfice.

Notons que quelques kilomètres plus loin à Trang An se trouve une attraction jumelle ouverte assez récemment et plus artificielle, les grottes ayant été percées manuellement et les rives de la rivière parfois bétonnées.
Traditionnellement les rameurs sont des femmes mais dû à la grande popularité de l’endroit de nombreux hommes viennent compléter les rangs. La façon de ramer est également traditionnelle et se fait avec les pieds! A ce niveau il y a d’ailleurs deux techniques qui sont utilisées : le pédalage (une rame en l’air, l’autre dans l’eau) ou la classique (les 2 rames en position symétrique).

Malgré l’affluence touristique et le fait d’être bien canalisés la balade de près de deux heures nous a tout de même bien plu.

Nous consacrons le reste de la journée à nous promener dans la « réserve des oiseaux » de Thung Nham. Sympa même si nous n’avons pas vu de volatiles, pour cela nous aurions dû venir à l’aube ou à la tombée de la nuit paraît-il.

Sur le chemin de retour à l’hôtel nous faisons encore une dernière halte à la pagode de Bich Dong. Gratuit mais pas spectaculaire non plus…

Deux étapes de transition sans intérêt particulier nous conduisent jusqu’à Hai Phong tantôt par la campagne, tantôt par la grand route.

 

La ville de Hai Phong ne présente pas d’intérêt en soi si ce n’est qu’on peut y embarquer vers l’île de Cat Ba. Plusieurs options de traversée sont possibles, certaines plus rapides que d’autres. Nous optons pour la plus facile au niveau de la logistique (nous devons embarquer vélos et bagages) et qui se trouve être de loin la meilleure marché (moins de 1€ pp contre près de 20€ pp avec vélo pour les plus onéreuses). L’inconvénient est qu’il faut se rendre 15 km plus loin pour embarquer tout au bout du port par une route sans intérêt, prendre en fait 2 ferries et qu’on est débarqué à 25 km de la ville de Cat Ba où se trouvent les hôtels.

Cat Ba est la plus grande île de la région de Ha Long. Au point de vue des paysages, il est difficile de constater des différences entre la baie de Ha Long et sa voisine de Lon Ha (sud-est de l’île de Cat Ba) qui est en fait celle que nous visiterons, si ce n’est au niveau du nombre de visiteurs et donc de bateaux dans chaque baie.

Comme point de départ des croisières vers les 2 baies, Cat Ba est beaucoup moins prisée que la ville de Ha Long car beaucoup plus difficile d’accès pour les visiteurs arrivant en car de Hanoï. Cela risque cependant de changer car un énorme viaduc reliant l’île au continent est en construction.

Le parcours entre le débarcadère et la ville de Cat Ba est magnifique tant par la côte que par la route intérieure traversant un parc national.

Sans oublier que la petite ville ne manque pas de charme et est bien tranquille. Nous ne regrettons donc pas d’avoir choisi ce point de départ pour la croisière vers la baie plus que la grosse ville de Ha Long.

De nombreux voyageurs optent pour une croisière de deux jours avec une nuit à bord de la jonque. Pour notre part nous nous contentons d’une seule journée comprenant diverses activités. Nous sommes une trentaine de passagers à bord.

Nous traversons tout d’abord la baie de Hon La nous permettant d’admirer les célèbres pains de sucre. Nous nous trouvons là dans un véritable labyrinthe naturel et ressentons une tranquillité dans ce décor exceptionnel.

Après un repas pris à bord nous avons une activité kayak au programme. Pendant une heure nous pagayons au plus près des montagnes karstiques et entrons même dans une petite crique secrète uniquement accessible en très petite embarcation au travers d’une grotte.

Plus tard les plus courageux vont piquer une tête dans la baie.

En fin de journée une faisons une petite pause à l’Île des Singes.

Sur la route du retour nous traversons plusieurs villages flottants.

Le lendemain nous reprenons la route vers Hai Phong et réempruntons les deux ferries.

Le trajet en vélo entre Hai Phong et Hanoï ne nous motivant pas trop (trafic et agglomérations) c’est en train que nous rejoignons la capitale. Cette fois il s’agit d’un train régional et les formalités d’embarquement des bicyclettes sont beaucoup plus simples et plus claires.

Le centre du Vietnam de Da Nang à Hué

Après une semaine de repos à Da Nang nous reprenons la route avec 2 roues en plus à notre équipage. En effet Michel, le papa de Muriel va nous accompagner pendant 3 semaines. Afin de lui permettre de profiter au mieux de son séjour et de découvrir un maximum de facettes du pays nous prendrons le train à partir de Hué pour atteindre plus rapidement le nord du pays a priori plus intéressant touristiquement parlant. Ainsi en sa compagnie nous pourrons parcourir la ville impériale de Hué, la baie d’Ha Long terrestre autour de Ninh Binh, la baie d’Ha Long marine ainsi que l’ancienne route coloniale reliant Hanoï à Dien Bien Phu traversant de nombreux villages peuplés de minorités ethniques.

Avant d’atteindre Hué nous avons au programme 145 km et deux jours de vélo avec le célèbre Col des Nuages à passer. Dès la sortie de Da Nang nous faisons enfin connaissance avec un Vietnam plus rural.

Très rapidement le Col des Nuages se profile à l’horizon dominant la côte du haut de ses 496 m. Ce dernier marque la frontière entre le nord et le sud du Vietnam, tant géographiquement que climatiquement. Il paraîtrait que même l’accent des gens est différent d’un versant à l’autre mais là nous ne pouvons pas juger. La montée d’une dizaine de km se fait sur une route à la pente régulière de l’ordre de 5% et rendue tranquille grâce à l’ouverture d’un tunnel il y a une dizaine d’années par lequel transite à présent la majorité des véhicules motorisés. Le col porte bien son nom et est fidèle à sa réputation car après avoir grimpé sous un ciel bleu c’est dans la brume que nous atteignons le sommet. Au bas de la descente du versant nord une pluie tropicale nous attend. Il paraît que celle-ci aussi est typique de l’endroit.

La suite de la route vers Hué se fait sur des chemins tranquilles et pittoresques parallèles à la voie principale. Nous passons quelques petits cols donnant de belles vues sur les rizières, longeons des élevages d’huîtres et traversons d’interminables nécropoles.

Comme anecdote signalons qu’alors que nous avions prévu de loger une vingtaine de km avant Hué, ne trouvant pas la guesthouse réservée nous avons dû poursuivre jusqu’à la ville. La localisation de l’établissement sur le site web de réservation était pourtant très explicite mais à l’endroit désigné point d’hôtel. Malgré l’aide des gens et un coup de fil à l’hôtel nous ne le trouverons pas… Ce n’est pas la première fois que cela nous arrive en Asie et l’expérience nous a montré que le mieux est encore de ne surtout pas prendre de réservation non-annulable gratuitement. Hormis les villes touristiques et occasions spéciales telles qu’ici la fête du Têt nous ne réservons jamais rien et trouvons facilement à nous loger.

Nous passons notre première journée à Hué le jour du nouvel-an vietnamien entamant l’année du coq. Théoriquement tout est fermé le jour du Têt mais Hué est une ville qui vit du tourisme et de ce fait de nombreux hôtels et restaurants sont ouverts. Les sites touristiques sont également accessibles et de nombreux touristes locaux y rejoignent les étrangers.

Nous commençons nos visites par le tombeau de Khai Dinh, l’avant-dernier empereur du Vietnam qui régna de 1916 à 1925 sous la domination française. Le site situé à 10 km au sud de la ville le long de la Rivière des Parfums est le dernier construit pour un membre de la dynastie Nguyen. Il est le plus petit des tombeaux impériaux mais également le plus coûteux et surtout très kitch.

Ce mélange d’architectures européennes et asiatiques, modernes et anciennes ne nous a pas vraiment subjugués et nous nous dirigeons rapidement vers le tombeau suivant, celui de Minh Mang, qui nous ravira beaucoup plus. Le site s’étend sur 18 ha et contient palais, temples et pavillons. Ce lieu d’architecture chinoise est empreint d’une grande quiétude.

Notre journée du lendemain commence par un passage à la gare afin d’y faire expédier nos vélos vers Ninh Binh. Le service d’expédition est ouvert malgré que nous soyons dans la période des jours fériés liée au Têt. Nous poussons un ouf de soulagement car le personnel pourtant très compétent de l’hôtel nous avait prédit le contraire. Alors que nous pensions avoir bien compris le système d’envoi de vélos par le train suite à notre expérience à Saïgon nous devons déchanter. Les règles semblent différentes à chaque gare (et peut-être aussi selon l’employé ?) et cette fois les vélos doivent être emballés et chargés sur des palettes ce qui implique bien évidemment un coût de manutention bien supérieur. Nous nous disons que rien n’est jamais vraiment clair en Asie mais la barrière de la langue nous empêche de discuter et de négocier et devons accepter de payer le prix demandé.

Cette opération effectuée nous nous dirigeons à pied vers la citadelle renfermant la cité impériale. Certains affirment que le site datant du début du 19ème ne mérite pas vraiment le détour car il dut être en grande partie reconstruit après les bombardements américains de la guerre mais nous trouvons au contraire beaucoup de charme à l’endroit. Le site est agréable, tranquille avec ses nombreux jardins et bien équilibré avec des couleurs vives donnant un air majestueux à l’ensemble.

Nous passons notre dernière journée en ville à flâner dans les rues et faire quelques emplettes au marché avant de nous diriger vers la gare pour y prendre le train de nuit qui nous conduira à Ninh Binh 500 km plus au nord.

Good Morning Vietnam !

L’itinéraire que nous avions vaguement planifié avant notre départ de Belgique prévoyait de nous faire quitter le Cambodge par le Nord-est en direction du centre du Vietnam plus ou moins à hauteur de Da Nang. Cette proposition de parcours purement théorique ne prenait en compte ni le relief ni les possibilités de logement. Ce n’est qu’au début de notre séjour au Cambodge en rentrant dans les détails pratiques et en étudiant un possible découpage d’étapes que nous nous sommes rendus compte que nos dernières journées de vélo dans le pays allaient être plutôt longues et vallonnées … C’est ainsi que nous avons finalement opté pour un parcours en boucle au départ de Phnom-Penh et autour du lac Tonle Sap. Un rendez-vous à Da Nang pris de longue date avec le papa de Fred ainsi que la durée de validité d’un mois du visa cambodgien nous contraint de quitter le pays en autocar vers Ho Chi Minh Ville juste avant la date limite avant un transfert en train vers Da Nang.

Le passage de la frontière se passe sans trop de difficultés si ce n’est que nous devons passer la douane à pied en portant nos bagages trop nombreux et trop lourds pour nos épaules avant qu’ils ne soient scannés aux rayons-X un peu plus loin. Les vélos quant à eux et pour une raison que nous ignorons ont pu rester dans la soute du car. Ce dernier point nous a bien rassurés sur le coup car nous avions lu plusieurs blogs faisant part de difficultés lors de l’entrée au Vietnam avec des bicyclettes dans les bagages.

Nous entrons au Vietnam sous une pluie intense qui ne nous empêche pas de remarquer une différence importante avec le Cambodge que nous venons à peine de quitter. Le pays apparaît plus riche et développé, depuis les fenêtres du car nous voyons que la route principale est plus large, bordée de trottoirs carrelés et de routes perpendiculaires revêtues. Les magasins semblent quant à eux bien plus achalandés.

Entre notre descente du bus et le train qui doit nous amener à Da Nang nous disposons de deux jours pour visiter Saïgon (l’ancien nom de Ho Chi Minh Ville mais qui est toujours bien usité)
Bien que n’en étant pas la capitale, Saïgon est la ville la plus peuplée du pays. Le nombre de motocyclettes qui y circulent est ahurissant à nos yeux, peu de Vietnamiens possèdent leur propre voiture (heureusement !) et les transports en commun sont insuffisamment développés dans les centres-villes. Traverser les boulevards relève de la gageure et rouler à vélo demande une attention soutenue de chaque instant. La circulation nous paraît cependant moins anarchique qu’à Phnom Penh même si on est très loin des standards occidentaux.

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Contrairement à beaucoup d’autres grandes métropoles asiatiques la ville est relativement verte et possède des jardins publics où les citadins peuvent se détendre tout en entretenant leur forme.

Une petite balade en ville nous emmène dans le quartier de l’ancienne poste et de la cathédrale. Nous pouvons nous régaler dans les restaurants aux cartes bien fournies.

Notre dernière mission en ville consiste à comprendre comment expédier nos vélos à Da Nang dans le wagon à bagages du train. C’est à ce moment que nous comprenons que l’anglais est beaucoup moins compris qu’au Cambodge où il était toujours possible de trouver quelqu’un baragouinant quelques mots dans la langue de Shakespeare. La communication avec le personnel de la gare où déambulent tout de même pas mal d’étrangers est plus que compliquée et très déroutante. Nous laissons les vélos derrière nous et espérons les retrouver à Da Nang.

Les trains traversant le Vietnam dans l’axe Nord-Sud comportent 4 catégories de wagons. Cela va de la banquette en bois à la cabine couchette de 4 personnes. Le voyage de 950 km durant près de 21 heures nous avons réservé 2 ‘soft beds’ dans une cabine de 4. Bien que le train n’avance pas très rapidement, nous sommes bien secoués. Les wagons de même que les rails datent d’une autre époque. Nous ne passons pas une nuit extraordinaire mais parvenons tout de même à nous reposer un peu. Bien que nous soyons en catégorie supérieure et que nous soyons montés dans le train en début de ligne, ce n’est pas le grand luxe et la propreté laisse un peu à désirer. Nous plaignons ceux qui récupèreront nos couchettes et draps pour la suite du voyage vers Hanoï ! Il faut dire également que les jeunes enfants peuvent partager gratuitement les couchettes des parents, ce qui fait que l’on peut se retrouver à 12 dans une cabine pour 4 ! Nous avons eu de la chance en n’étant que 7… N’oublions pas non plus de mentionner la toilette unique pour tout le wagon.

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Nous sommes donc très contents d’arriver à Da Nang et de constater que nous logerons une semaine dans un très bel hôtel, propre et confortable.
Un des atouts de Da Nang est son incontournable plage de sable blanc (China Beach) connue depuis que les troupes américaines venaient s’y reposer lors de la guerre du Vietnam. Depuis lors un nombre incalculable d’hôtels ont fleuri et le mouvement n’a pas ralenti au vu de la quantité de chantiers de construction en cours. De la plage nous ne profiterons que de la vue, la météo venteuse, parfois pluvieuse et même fraîche n’incite pas vraiment à la bronzette. Par rapport au Cambodge pourtant proche nous avons perdu une dizaine de degrés. Cependant les 22 restants nous conviennent parfaitement 🙂
Même sans la plage notre semaine sera bien remplie et nous ne nous ennuierons pas. Au programme : visite de la ville, du musée de sculptures Cham, de Hoi An et des temples au sommet et dans les grottes des montagnes de marbre.

Da Nang et musée de sculptures Cham :

Montagnes de marbre à 10 km au sud de Da Nang :

Visite de Hoi An :

Pendant qu’Angèle passe du bon temps avec son papy et Gilberte, nous pouvons nous concentrer sur la mise à jour du blog et à la planification de la suite du voyage.

Cette semaine de repos en famille nous a fait du bien, les batteries sont à nouveau rechargées et nous nous sentons prêts pour la suite du voyage.

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Circuit touristique au Cambodge

Le Cambodge possède avec Angkor un des sites touristiques et archéologiques les plus connus et visités au monde mais paradoxalement le reste du pays est relativement pauvre touristiquement parlant. Le pays ne se résume pourtant pas aux temples d’Angkor et nous organisons notre boucle vélo en fonctions des quelques points d’intérêts relevés dans des guides ou blogs de voyages ou conseillés par d’autres cyclos-voyageurs.

Nous ne reviendrons pas sur notre séjour dans la capitale Phnom Penh déjà largement décrit dans un article précédent et qui nous avait laissé sur notre faim.

Kratie et ses dauphins

Nous faisons notre première étape prolongée à Kratie le long du fleuve Mekong. Cette petite ville de province dont l’architecture coloniale a été préservée des bombardements est assez prisée par les touristes désireux de rencontrer un Cambodge plus authentique. Qui dit touristes dit meilleurs hôtels et comme nous sommes le 24 décembre cela nous arrange bien. Cette année nous n’aurons pas la chance de fêter Noël en famille autour d’une bonne table mais nous avons le soleil et la piscine pour nous consoler.

Bien sûr nous n’allons pas jusqu’à Kratie que pour la piscine mais également pour voir les célèbres dauphins d’eau douce Irrawady. Il ne resterait plus qu’une centaine de représentants de cette espèce gravement menacée.

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Quelques associations de protection de la nature et sans doute également le gouvernement tentent de sensibiliser les populations locales à la sauvegarde de ces animaux mais le résultat obtenu nous semble tout de même insuffisant. Nous sommes bien évidemment contents de monter dans une pirogue motorisée pour aller les observer de près mais dans l’intérêt de la tranquillité et de la sécurité des cétacés il nous aurait semblé préférable de regrouper plus d’occupants par barques plutôt que de multiplier les bateaux pratiquement à vide. D’autre part ces animaux mériterait mieux comme sanctuaire que ce Mekong relevant du dépotoir. Encore une fois nous nous demandons pourquoi la pauvreté côtoie si souvent la crasse. Les rivages du fleuve et donc probablement le fleuve lui-même sont jonchés de déchets en tous genres. Mais il en est de même pour les abords des routes et des maisons donc pourquoi en irait-il autrement pour le fleuve ?

Malgré tout nous avons pris plaisir pendant cette petite heure passée sur le fleuve et avons eu la chance d’observer de nombreux mammifères aquatiques. Pour les photos nous devrions améliorer un tantinet notre rapidité 🙂

Les villages flottants du lac Tonle Sap

Le Tonle Sap est en fait une grande surface au centre du Cambodge située sous le niveau des rivières. Ainsi lorsqu’en saison des pluies le niveau de ces dernières monte, cette immense zone se retrouve inondée. En saison humide le lac couvre une surface de 16000 km2 soit la moitié de la Belgique contre moins de 3000 km2 en saison sèche.

Ce phénomène est très bénéfique pour la culture du riz mais impose pas mal d’adaptations aux habitants. Les villages de la région du lac sont de deux types: les habitations situées près des berges sont principalement construites sur pilotis, les autres sont réellement des maisons sur flotteurs qui montent et descendent au gré des saisons.

Autour de Siem Reap il est possible de visiter toute une série de villages dits flottants. Nous avons choisis d’explorer celui de Kampong Khleang, moins fréquenté par les visiteurs car plus éloigné des hôtels de Siem Reap, plus ‘authentique’ selon les guides et qui nous avait été recommandé par notre ami Marcel Hendrickx. A l’arrivée sur place, nous sommes un peu surpris de découvrir un village construit sur pilotis et donc lacustre mais pas flottant. Aussi il ne s’agit pas d’un village mais d’une véritable ville de plusieurs milliers d’habitants s’étendant sur plusieurs kilomètres le long d’une route principale non-revêtue et probablement sous eau une bonne partie de l’année. Nous avons vraiment été impressionnés par ce village à cheval entre modernité (téléphones portables, télévisions…) et traditions. Ce n’est en effet pas le tourisme et le peu qu’il rapporte aux habitants qui encourage ces derniers à demeurer dans leur village où les conditions de vie semblent beaucoup plus rudimentaires et difficiles que sur la terre ferme.
Nous sommes également fascinés de voir comment les hommes se sont adaptés à la nature en construisant leurs habitations souvent 10 mètres au-dessus du sol et cela sans béton ni ferrailles mais simplement avec du bois et des tiges de bambou. Les enfants sont habitués dès leurs premiers pas à grimper seuls aux échelles en bambou.

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Après cette visite ‘terrestre’, nous embarquons sur un bateau qui nous permet de découvrir le même village côté lac cette fois ainsi qu’un second village beaucoup plus petit mais véritablement flottant celui-là une dizaine de km plus loin. Bien que de taille réduite, il possède son école, un dispensaire, un bureau d’administration, quelques magasins alimentaires le tout accessible en bateau uniquement. Il y a même un pylône d’antenne gsm. Digne d’un reportage de ‘Thalassa’ ou de ‘Faut pas rêver’!

Siem Reap et les temples d’Angkor.

Il est difficile de visiter le Cambodge sans passer par Angkor, certains ne connaissent d’ailleurs le pays qu’au travers de ce site.

Peut-être sommes-nous blasés par autant de mois de voyage, de découvertes et de surprises et sans doute sommes-nous devenus de ‘mauvais’ touristes mais Angkor n’est vraiment pas ce que nous retiendrons le plus du Cambodge et nous en attendions beaucoup plus. Certes nous avons aimé certains temples montrant la richesse de la civilisation khmère à son apogée mais de façon générale nous avons été beaucoup plus impressionnés par les sites archéologiques du Mexique.

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Le site s’étendant sur 400 km2 et comportant plus de 200 temples construits entre le 9ème et le 15ème siècle est l’ancienne capitale de l’empire khmère. Après l’abandon du site la forêt a repris ses droits et seuls les temples construits en pierre qui était réservée aux maisons des dieux ont résisté au temps. Les maisons et palais probablement somptueux construits en bois ont quant à eux totalement disparus. Depuis la ‘redécouverte’ du site au 19ème siècle de nombreux temples ont été dégagés et restaurés voire en bonne partie reconstruits, les racines des arbres ayant souvent écarté les blocs de pierre des murs jusqu’à les faire s’écrouler.

Le site dédié aux dieux de l’hindouisme à l’origine et ensuite repris par les bouddhistes est si vaste que plusieurs jours sont nécessaires pour en visiter les temples principaux à moins de se limiter aux célèbres Angkor Vat et Angkor Thom. Pour notre part nous faisons la visite sur 3 jours, les 2 premiers en tuktuk, le troisième en vélo.

Autre particularité, le site est parsemé de villages totalisant 100.000 habitants vivant du tourisme et de l’agriculture.

L’emblématique Angkor Vat que l’on retrouve d’ailleurs sur le drapeau national ne nous a pas impressionné outre mesure. D’autres temples moins visités nous ont beaucoup plus plu par leur aspect moins massif et plus aéré.

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Malheureusement Angkor est synonyme de tourisme de masse, avec une proportion élevée de Chinois souvent irrespectueux prenant les monuments d’assaut tels des nuages de sauterelles. Ils grimpent partout, n’hésitent pas à toucher les fresques fragiles et à vous bousculer pour se faire prendre en photo au bon endroit. Une meilleure canalisation voire une limitation du nombre de visiteurs serait sans doute profitable à la pérennité du site.

Angèle qui n’est pas encore fan ni d’archéologie ni de marche a bien aimé les éléphants et les singes devenus obèses à force d’engloutir la nourriture que leur jettent les passants.

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Le bateau entre Siem Reap et Battambang

Nombre de visiteurs individuels choisissent de rallier Siem Reap à Battambang par les voies navigables. Ce mode de déplacement n’est possible que lorsque le niveau des eaux le permet. Il n’y a pas réellement de rivières entre les 2 villes, les bateaux traversent plutôt la grande zone inondée dont nous parlions plus haut. Il s’agit tantôt de canaux, de chenaux ou de rivières, tantôt de mangroves. Il y a donc plusieurs itinéraires possibles sur une partie du parcours selon le niveau des eaux et l’expertise du batelier, ce dernier navigant sans l’aide d’un GPS.

Au départ de Siem Reap il existe plusieurs embarcadères assez éloignés de la ville et curieusement pour nous il n’est pas possible de savoir à l’avance à partir duquel les bateaux démarrent un jour donné, la décision se prennant au petit matin. Nous devons donc nous en remettre à la navette réservée en combinaison avec le ticket de bateau. Lors de l’achat de nos billets nous avions réservé un emplacement pour nos vélos mais nous sommes cependant inquiets de savoir comment ces derniers et nos bagages seront transportés jusqu’au bateau. La personne de l’hôtel s’étant occupée des réservations se veut rassurante, une personne de l’agence étant venue vérifier la taille de nos vélos et de la remorque. Nous ne savons cependant pas si le transfert s’opèrera en tuktuk, van ou autocar.

Sur le ticket le départ du bateau est annoncé à 7h. Il nous paraît donc raisonnable comme nous l’avait demandé notre contact à l’hôtel d’être prêts pour 6h. En bons Belges, nous sommes à la porte de l’hôtel à 5h45 prêts à partir. Fred profite même de ces quelques minutes d’avance pour démontrer dans le noir et sous la pluie les pédales des vélos afin de faciliter leur manipulation. Après une demi-heure d’attente, ne voyant rien venir nous réveillons le gardien de nuit de l’hôtel qui nous rassure en nous disant qu’en fait la navette est censée venir nous chercher à 6h40 et le bateau partir à 7h30 comme écrit en khmère sur notre réservation parait-il. ‘No problem the boat will wait for you’. 7h passe, puis 7h30 et comme soeur Anne nous ne voyons rien venir. Le gardien téléphone et ‘no problem, no problem’ nous sommes les derniers sur la liste des passagers à transférer mais nous ne sommes pas oubliés. Le bateau va attendre… A 8h30 nous voyons enfin arriver… un tuktuk avec déjà un passager et son bagage. Ce moyen de transport permet de véhiculer 4 passagers et leur (petite) valise mais ‘no problem’ tout va rentrer si nous voulons bien prendre Angèle sur nos genoux et donc y compris nos vélos, la remorque et nos 3 grands cabas… Nous sommes un peu sceptiques et les laissons s’amuser à tenter de faire rentrer le premier vélo. De notre côté cet exercice ne nous amuse pas du tout et nous arrêtons la plaisanterie lorsque nous sentons qu’il y aura bientôt de la casse. Nous proposons donc de suivre en vélo le tuktuk avec Angèle, les bagages, la remorque et l’autre passager mais impossible de savoir le nombre de km à parcourir : ‘very far, very far…’ Après avoir remonté les pédales, nous croisons une dizaine de km plus loin un van qui nous emmène à l’embarcadère avec nos vélos tout au bout d’une piste cabossée. Il est à peu près 10h, nous sommes les derniers à embarquer mais le bateau nous a vraiment attendus. Il fait entre 7 et 8h pour rejoindre Battambang contre 3 à 4h en autocar ou 3 jours en vélo à notre rythme.

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Le début du trajet se passe tranquillement et nous traversons de magnifiques paysages inondés. Le pilote qui est le seul membre d’équipage doit s’arrêter de temps en temps pour rehausser manuellement l’hélice à l’arrière afin qu’elle ne touche pas le fond de l’eau. Nous nous demandons comment il s’y prend pour trouver son chemin dans ce labyrinthe aquatique. Au fur et à mesure de notre progression la voie navigable devient de plus en plus étroite entre des murs végétaux. C’est magnifique pour les yeux mais le bateau racle de plus en plus souvent le fond. Tout à coup nous restons coincés. Au début cela fait rire la quinzaine de passagers mais au bout de quelques minutes de vains efforts du pilote les sourires deviennent jaunes. Heureusement le téléphone portable passe ce qui permet au pilote de faire part de nos difficultés au bateau qui nous suit de quelques minutes. Ce dernier arrive à notre rescousse mais ce n’est pas suffisant. L’aide des passagers est sollicitées. Nous devons tous monter sur le toit afin de faire tanguer le bateau en allant de droite à gauche et d’avant en arrière pendant que 3 personnes les pieds dans l’eau poussent le bateau. Au bout de 3/4h nous pouvons reprendre notre route.

La suite se passera plus tranquillement. Nous traversons de nombreux villages flottants. Avant de partir nous pensions que leur nombre était anecdotique mais c’est en fait très loin d’être le cas, une population importante vit de cette manière. Finalement cette journée de bateau sera plus qu’un simple déplacement mais une excursion en soi nous permettant de découvrir une facette du Cambodge que nous ne soupçonnions pas.


Nous sommes cependant contents d’arriver à Battambang après cette longue journée. La dernière heure de navigation n’est même pas agréable car les tonnes de déchets jonchant les berges de la rivière choquent le regard. Nous sommes attristés en voyant les nombreux enfants jouant et nageant dans ce dépotoir.

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Le train de bambou de Battambang

Quelques excursions sont possibles au départ de Battambang, de quoi remplir notre journée de repos si nous le désirons. Cependant nous ne sommes pas très motivés et le blog souffre d’un certain retard.

Comme nous voulons faire plaisir à Angèle pour la récompenser de sa patience lors de la visite des vieilles pierres et de la longue journée de la veille nous décidons d’aller essayer le train de bambou. Les locaux ont repris à leur compte l’ancienne ligne de chemin de fer à présent désaffectée pour y faire circuler de petites plateformes en bambou posées sur 2 essieux et propulsées par un petit moteur thermique. Le système est très ingénieux car il peut se désassembler rapidement et c’est d’ailleurs nécessaire car de nombreuses de ces plateformes circulent dans les 2 sens sur une voie unique. Il faut donc s’arrêter de temps en temps pour tout mettre sur le côté jusqu’à ce que la voie soit libre. Ces petits trains se déplacent beaucoup plus vite que ce à quoi nous nous attendions, de plus les rails sont tout tordus avec des raccords loin d’être parfaits. Cela fait que nous sommes bien secoués et qu’il y a intérêt à bien s’accrocher. Angèle est ravie par cette activité insolite et nous sommes contents pour elle ainsi que pour les locaux à qui cela rapporte un peu d’argent.

Conclusion de notre mois passé au pays des Khmers

Au point de vue des paysages, à part la zone inondée la partie du pays que nous avons traversée nous a plu sans être exceptionnelle du tout et nous a semblé monotone au fil des jours. Ce ne sont pas non plus les curiosités touristiques décrites dans les guides qui nous aurons épatées. Angkor vaut le détour, sans plus mais nous laisserons cela à l’appréciation de chacun.
Par contre ce qui nous aura marqués et impressionnés positivement c’est l’accueil et la gentillesse des Khmers. Parfois un peu trop curieux mais toujours prêts à nous aider et souriants.

Il est très facile de se débrouiller seul dans le pays car nombreux sont les cambodgiens baraguinant quelques mots d’anglais. Parfois il faut un décodeur car ‘yes’ veut parfois dire ‘non’ mais on s’y fait.

Nous avions craint l’état des routes et la circulation mais finalement cela ne nous a posé aucun problème et jamais nous nous sommes sentis en danger même si nous étions loin d’être seuls sur la route.

S’il devait y avoir une seule raison qui nous rendrait contents de quitter le pays ce serait le peu de richesse de la gastronomie locale. C’est dire à quel point nous avons apprécié notre séjour au Cambodge.