Une semaine à vélo dans le Nord de l’Angleterre (juin 2019)

Nous avons rendez-vous vers midi avec Philippe et Sylvie. Après un bon petit resto près du port de Zeebrugge, nous garons les voitures dans une rue tranquille, en sortons les vélos et bagages et nous dirigeons vers le Ferry qui nous emmènera de nuit vers le Nord de l’Angleterre.  Nous avons prévu d’y cycler une boucle d’environ 800 km sur 6 jours.

Muriel et moi, nous roulerons sur notre tandem Pino, Philippe et Sylvie sur leur vélo de route traditionnel. En ce qui concerne les bagages, nous avons décidé de n’emporter que le strict nécessaire (en gros un équipement de rechange et quelques vêtements légers pour le soir)

L’embarquement se fait sans trop de difficulté. Nous sommes dans la rangée des motos. Comme la plupart d’entre elles sont des Harley, nous aurions bien besoin de bouchons pour les oreilles et masques pour le nez. En même temps, nous sommes bien heureux d’être cyclistes plutôt que motards.

La soirée sur le ferry est tranquille. Nous buvons une bière ou deux et mangeons les sandwiches que nous avons emportés. Nous nous dirigeons vers nos cabines. Elles ne sont pas grandes et on entend pas mal le bruit des vibrations des moteurs. Malgré tout nous passons une bonne nuit.

La courtoisie des conducteurs britanniques 

Le lendemain nous débarquons à Hull. Après le passage par la douane, il est déjà 10 heures lorsque nous pouvons réaliser nos premiers tours de roues en Angleterre. Nous commençons par l’étape la plus longue (160 km) mais aussi la plus facile au niveau du dénivelé.

Il ne faut pas oublier de rouler à gauche mais on s’y fait très rapidement. L’aide des GPS est précieuse pour nous guider. Nous remarquons rapidement que le vent vient du nord-ouest, donc pratiquement de face et qu’il est assez fort. Cela ne nous rassure pas pour les 2 ou 3 prochaines étapes. Avec notre tandem pas trop aérodynamique on déguste, le vent contraire nous handicape fortement.

Après quelques km en ville nous nous retrouvons sur des routes de campagne beaucoup plus tranquilles.

Le parcours que nous avons tracé suit souvent des « routes vélo ».  La plupart du temps nous ne sommes pas en site propre, mais la circulation est vraiment faible. De plus les conducteurs anglais sont vraiment très respectueux, d’abord entre eux, ensuite et surtout vis-à-vis des usagers faibles. Pas question de dépasser s’ils ne peuvent s’écarter suffisamment, et cela même s’ils doivent rester plusieurs centaines de mètres derrière nous. Cela doit faire partie du flegme britannique.

Le soir nous faisons étape à Darlington. Nous sommes déjà à moitié carbonisés, le vent défavorable ne nous a pas épargnés.

Relief et gastronomie 

Le lendemain le vent contraire est toujours aussi présent. Le relief par contre s’accentue.

Faire du vélo dans le nord de l’Angleterre et en Écosse n’est pas de tout repos. Les pentes sont sévères et nombreuses. Papa Michel Cordier nous avait raconté que lorsqu’il avait traversé le pays en Euro-diagonale, il était content à chaque fois qu’une montée ne faisait « que » du 10 %. Nous pensions qu’il exagérait un peu, mais en fait pas du tout : 10%, 15% semblent être la norme pour une montée standard (nous en avons vu jusqu’à 25 % !). Il faut de bons mollets pour faire du vélo dans ce pays. Nous sommes heureux d’avoir remplacé le braquet d’origine du tandem avant de partir. Notre nouveau « 22×34 » nous sert très fréquemment.

Il est déjà 18h et n’avons parcouru « que » 150 km mais tout de même escaladés un total de 2500 m lorsque nous arrivons au B&B que nous avons réservé.

Nous prenons notre repas au restaurant du village. La carte y est généreuse. Une des bonnes surprises de notre voyage aura été de constater que contrairement à nos craintes, on ne mange pas si mal que ça en Angleterre (en tout cas dans la partie où on est). Bien entendu, les pubs et restos locaux ne proposent pas de la haute gastronomie, mais n’empêche, nous n’avons pas à nous plaindre. Les plats sont généreusement servis et pas mauvais du tout pour des prix tout à fait raisonnables.

Paysages des Midlands 

Nous commençons notre 3ème journée par un solide English Breakfast. Thé ou café, pain, saucisses, bacon, œufs… de quoi partir le ventre (trop?) plein.

Cette étape est normalement plus facile en termes de dénivelé. Nous faisons une centaine de km en Écosse et faisons notre pause déjeuner à Kelso.

Les paysages sont toujours aussi bucoliques et composés de collines tapissées de prairies d’un beau vert séparées par des murs de pierre ou des haies.  A partir de 300 m d’altitude la végétation se raréfie pour se limiter à de vastes étendues de bruyères et de tourbières. Il n’y a plus d’arbres pour nous protéger du vent.

Après une longue descente nous arrivons à Newcastleton au terme de 152 km et 2200 m de dénivelé.

Pompes à vélo ou à bières ?

Notre 4ème journée est normalement un peu plus courte. Fatigués en fin d’étape, nous parvenons tout de même à la raccourcir légèrement tout en espérant gagner également un peu de dénivelé. Aujourd’hui nous n’avons roulé que 125 km avec tout de même 2460 de D+.

Philippe est arrivé un peu avant nous à l’hôtel de Penrith et aura le temps de réparer une crevaison lente en nous attendant.

Comme souvent, nous logeons à l’hôtel-restaurant : chambres en haut et pub en bas où l’ambiance est garantie. Les gens (hommes et femmes) viennent y boire quelques verres après leurs heures de travail. Il est courant d’y retrouver au même zinc des hommes en bleu de travail et d’autres en costumes cravates. Les conversations sont très animées et bruyantes. Quant à nous, nous ne buvons pas beaucoup d’eau. Celle de nos bidons nous suffit lors de nos longues étapes. Chaque pub possède en général deux types de pompes. La première avec les bières anglaises, pas trop fraîches et sans trop de pression. On s’y fait mais nous préférons toutefois nous rabattre sur les bières « continentales » : les Stella, Peroni ou San Miguel ont notre préférence. Quant à la quantité, on ne discute pas, nous prenons le format standard c’est-à-dire des pints (1/2 L en Angleterre) pour récupérer des efforts consentis pendant la journée.

Avaler une ou deux « pints » nous permet également de refaire l’étape du jour ainsi que, ce soir, celle de demain qui promet d’être longue et difficile, en fait la plus vallonnée de toutes. Vu notre état de fatigue, nous la craignons au point de chercher sur la carte routière des alternatives plus faciles. Nous ne trouvons pas et sans trop y croire nous nous tournons vers nos smartphones et demandons conseil à Google Maps. Là, miracle, un parcours plus court et plus plat (moins vallonné) se dessine. En plus la route proposée ne devrait pas être chargée au niveau circulation. Alléluia ! La technologie a parfois du bon.

Routes pittoresques

Même si l’itinéraire alternatif que nous suivons ce 5ème jour est censé être plus facile en moyenne, il ne le sera pas dans son ensemble et surtout pas en son début. Vers 11 h du matin, après trois heures et demies de pédalage acharné, nous n’avons avancé que d’à peine 40 km. Par contre les 1000 m de D+ sont allègrement dépassés ! La fatigue et le relief seuls n’expliquent pas cette lenteur apparente. Il faut également aller chercher les raisons du côté de l’état ou de parfois l’absence de route.

Le réseau routier secondaire que nous empruntons est certes tranquille mais peu roulant : nous en avons déjà parlé, les voies sont étroites, les pentes sont raides, les virages masqués… Parfois aussi, le revêtement disparaît, heureusement sur de courtes distances, mais il faut alors rouler plus doucement ou carrément marcher à côté du vélo.

D’autres fois il faut traverser les petites rivières à gué ou si le courant est trop fort sur des passerelles étroites normalement destinées aux piétons et moutons. Les grilles à bétail dans le sol (« cattle grid ») nous ralentissent un peu mais moins que les barrières que nous devons ouvrir et refermer derrière nous.

Un peu de tourisme tout de même !

Pour notre 6ème et dernière journée de vélo, nous nous laissons aller. Le vent est favorable et le relief quasiment nul. Nous en profitons pour faire un peu de tourisme en traversant York.

Tout au long de notre voyage, nous avons été heureux de traverser ces villes et villages à l’architecture si différente de celle de nos régions. Dans l’après-midi, après 110 km, nous arrivons tranquillement au ferry qui nous ramènera de nuit en Belgique.


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