Le nord du Vietnam : de Dien Bien Phu à Hanoï via Sa Pa et Ba Bê

Après près d’un mois passé en compagnie de Marc et Gilberte et ensuite de Michel sur la route nous revoilà à nouveau à trois pour la suite de notre périple au Vietnam.

Nous quittons Dien Bien Phu plein nord en frôlant la frontière avec le Laos pour atteindre en 3 jours, 200 km plus loin, Phong Tho ville toute proche de la Chine.

Au fur et à mesure de notre progression nous rencontrons de nouvelles ethnies. Les couleurs et styles des costumes traditionnels portés par la majorité des villageoises, jeunes et moins jeunes, changent de même que les traits des visages à présent plus ronds et leurs statures plus enveloppées.

Nous nous arrêtons dans un petit magasin afin de nous ravitailler. Comme à l’accoutumée en de pareilles circonstances nous devenons le centre d’intérêt du moment dans le quartier et d’autres personnes ne tardent pas à rappliquer pour nous observer de plus près. Malgré que la communication orale soit quasi impossible à cause de la barrière de la langue nous parvenons tout de même à échanger et passons un bon moment. Angèle se retrouve costumée comme une fillette du village au plaisir de tous. Ce moment est malheureusement un peu terni lorsque quelques km plus loin nous nous rendons compte de l’absence de notre porte-monnaie contenant la somme couvrant 1 journée ou 2 de voyage. Nous avons dû le perdre dans le magasin et quelqu’un aura ‘oublié’ de nous le rendre lorsque nous sommes revenus sur nos pas quelques minutes plus tard. Le petit malheur de l’un fait parfois le bonheur d’un autre.

Nous longeons plusieurs lacs de montagne artificiels couplés à des centrales hydro-électriques et rendant les endroits moins propices à l’agriculture. Seuls les flancs des montagnes peuvent être exploités et sont ainsi couverts de bananeraies et de plantations d’ananas.

En guise de parenthèse, signalons que les zones habitables du Vietnam connaissent une forte densité de population. Ainsi chaque m2 exploitable l’est. Chaque vallée est recouverte de cultures (champs ou rizières), les collines quant à elles sont tapissées de cultures et rizières en terrasses. Il n’est pas rare que les quelques m2 entre le bord des routes et les fossés servent de potagers. Le corollaire est qu’il est quasiment impossible de trouver un endroit tranquille pour se reposer quelques instants sans être dérangés.

Nous profitons de nos jours de repos pour déambuler dans les marchés locaux, lieux de rencontre des ethnies de la région venues vendre les fruits de leur travail.

Même si nous longeons les lacs et rivières la route est loin d’être plate et nous passons de nombreux cols. Le point le plus haut est atteint peu avant Sa Pa avec le col Phan Xi Pang culminant à 2050 m que nous mettrons plusieurs heures à gravir (1500 m de dénivelé sur 25 km). Malheureusement pour nous ce jour-là il n’y a rien à voir car le ciel est bas et nous sommes dans les nuages. Après une semaine de beau temps nous retrouvons la fraîcheur et la brume. Nous ne voyons rien des cultures en terrasses renommées de la région de Sa Pa.

Dans la montée du col nous rencontrons Lorenzo Rojo. Lorenzo a quitté son pays basque espagnol il y a 20 ans pour un tour du monde à vélo. Depuis son départ il a parcouru plus de 210.000 km sur son vieux vélo à travers les 5 continents et n’a passé que quelques mois « à la maison ». Pour prouver encore une fois que le monde est petit, il a croisé en Colombie il y a de nombreuses années une autre famille belge à vélo, Alice, Andoni et Maia que nous avions eu le bonheur de rencontrer peu avant notre propre départ lors de la projection de leur film relatant leur voyage dans le cycle « Exploration du monde ».

Nous ne nous attardons pas plus d’une nuit à Sa Pa. La ville ne nous émeut pas plus que ça. Il y fait froid et humide, les chambres n’ont pas de chauffage et sont chères, les rues sont boueuses, la ville est bétonnée, dans le brouillard et grouille de touristes. Tout pour nous déplaire… Nous ne sommes pas des touristes « normaux » (que nous ne dénigrons cependant pas, nous en sommes dans d’autres circonstances) avec une check-list des incontournables à voir avant de pouvoir quitter le pays avec satisfaction. Nous nous imprégnons plutôt des ambiances locales en avançant lentement sur nos vélos.

Après une nuit froide à Sa Pa nous nous lançons dans les 30 km de descente jusqu’à Lao Cai. L’horizon se dégage par instants et nous pouvons entrapercevoir quelques beaux panoramas.

Lao Cai est un des 3 postes frontières entre la Chine et le Vietnam et probablement le plus prisé par les cyclo-voyageurs car il leur permet d’accéder au Yunnan et Kunming qui est la porte arrière d’entrée au Tibet. Cette route sur les contreforts du Tibet et ensuite vers Chengdu est d’ailleurs celle que nous avions prévu de prendre à l’origine de notre projet. Cette partie de la Chine montagneuse nous semblant trop difficile dans notre configuration de voyage actuelle (lourd chargement et un enfant) mais aussi afin d’éviter des chinoiseries administratives compliquées et coûteuses (durée incertaine des visas et de leurs possibles prolongations) nous avons finalement modifié notre parcours pour le transformer en une grande boucle dans le nord du Vietnam. Plus tard avant de nous envoler vers le Japon nous sillonnerons les routes de Taïwan, l’autre Chine avec les beaux côtés de la Chine mais sans ses complications.

Après Lao Cai la route vers Hanoï est moins exigeante physiquement et toujours aussi agréable et tranquille traversant des régions agraires. Cette tranquillité est sans doute liée à la construction récente d’une voie express entre Hanoï et Lao Cai. Cette région rurale est peuplée par les Viêts et une minorité Thaï ayant adopté les habitudes des Viêts. Même les femmes ont abandonné leurs habits traditionnels, seules les vieilles portent encore leur fichu par-dessus la coiffe.

Sur la route nous faisons une petite halte et immortalisons notre passage au kilomètre 10.000 depuis notre départ de Cancun il y a près de 11 mois.

Nous n’allons pas en ligne droite jusqu’à Hanoï mais bifurquons encore une fois vers le nord jusqu’au lac Ba Bê. Ce dernier est niché au creux des montagnes dans un parc national naturel abritant une forêt tropicale préservée. Nous faisons l’expérience très positive d’y passer la nuit et de prendre nos repas chez l’habitant. Notons que bien qu’il s’agisse là d’une activité mercantile bien organisée, ce court séjour nous a beaucoup plu non pas pour la chambre et la salle de bain rudimentaires mais pour la gentillesse de nos hôtes, les repas plantureux et exquis, la belle terrasse de la maison sur pilotis avec vue sur le lac et la balade en bateau assurée par notre hôte lui-même, le tout pour un prix très démocratique.

N’oublions pas non plus la tranquillité des routes de la région avec très peu de circulation mais malheureusement aussi avec quelques côtes courtes mais trop raides pour nos mollets. Comme la région est difficile d’accès le tourisme y est également peu développé.

Pour finir sur une note humoristique à nos dépens nous nous interrogeons sur les critères de dureté des matelas: de vraies planches de bois. Nous espérons retrouver plus mou dans le sud car sinon nos kinés respectifs vont avoir beaucoup de boulot à notre retour 🙂


Commentaire

Le nord du Vietnam : de Dien Bien Phu à Hanoï via Sa Pa et Ba Bê — 9 commentaires

  1. C’est super de pouvoir vous suivre ainsi ! Et les photos sont magnifiques, merci de nous en faire profiter 🙂
    Bonne continuation !

  2. Beau…..très beau…….nous rêvons de cette expérience.
    Gros kiss à vous trois
    Regine et Dan

  3. Super les amis, 10 000 Kms WAWWWWW de vrais marathoniens, que du bonheur pour vous trois ….. merci, une fois de plus un magnifique reportage .
    Bizzz à vous trois de nous deux .

  4. Merci pour ce très beau reportage (un de plus) .
    Très belles photos aussi .
    Mais quelle expérience de vie !!
    Bravo à vous trois , gros bisous de Petit-Enghien .
    Bon courage pour la suite .

  5. Salut Muriel et Fred je suis avec Michel en Afrique du Sud et nous venons de lire votre blog félicitations à vous et à vous relire Michel Poncelet

  6. Tout a été dit précédemment sur votre reportage , je ne peux que résumer :magnifique . Angèle n’a pas l’air très convaincue par la « little girl fashion vietnamienne  » ……autre style que la petite robe rose fleurie ! J’avoue que je ne vous demanderais pas l’adresse de la boutique pour un éventuel cadeau pour mes petites filles .Bonne route et bisous à vous 3 .

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