Grand Nord américain : impressions et enseignements

Nous voulions parcourir le Grand Nord américain (Alaska et Yukon) pour ses grands espaces et la sensation de liberté qu’ils peuvent procurer ainsi que pour sa nature. Au final ce périple a rempli toutes ses promesses.

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Pendant 5 à 6 semaines les paysages montagneux à perte de vue se sont succédés sans oublier les lacs et rivières aux eaux limpides, les cascades et les forêts de conifères et de bouleaux. Pour ce que nous en avons vu les sommets en Alaska nous ont paru plus élevés et enneigés que ceux du Yukon.

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Nous n’oublierons pas de l’Alaska les paysages de montagnes se jetant dans la mer ni les innombrables glaciers.

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La diversité dans les paysages a été moins prononcée qu’au Mexique mais sans que cela ne nous paraisse monotone pour autant.

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Au niveau de la faune nous nous attendions sans doute à croiser plus d’animaux même si au long de ces 1400 km nous avons pu admirer quelques élans, des aigles, 2 loups, 2 porc-épics, 1 renard et une infinité d’écureuils et de chiens de prairie. Le seul ours que nous avons croisé hors du Denali semblait mort dans les fourrés sur le bord de la route. D’après les connaisseurs il est pratiquement impossible de parcourir notre itinéraire sans croiser de plantigrades, ours ou grizzli, mais sans doute notre caravane était trop bruyante pour eux. Nous ne nous en plaindrons pas.

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De part les statistiques météorologiques nous nous attendions à devoir enfiler régulièrement nos vêtements étanches. La réalité du terrain a donné raison aux statistiques. Il a plu tous les jours, parfois uniquement au petit matin ou en soirée si ce n’était la nuit mais rarement pendant de longues périodes de la journée. Autrement dit les précipitations ne nous ont pas réellement handicapés dans notre progression.
Au niveau des températures nous avons un peu tout connu mais nous étions équipés pour toutes les circonstances donc pas de souci pour nous.

Inutile de rappeler à quel point les régions que nous avons traversées sont extrêmement peu peuplées. Sans les motorhomes, voitures de locations et consorts nous n’aurions rencontré pratiquement personne sur les routes. Dans les rares et petites localités traversées il nous a semblé que les personnes d’origines natives (populations ‘tribales’) étaient proportionnellement plus nombreuses qu’ailleurs mais aussi plus désoeuvrées. Sans vouloir être méchants nous sommes souvent posé la question de comment ces gens pouvaient bien gagner leur vie, une supérette et un camping ne pouvant pas donner un salaire à toute une communauté.

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Notre mode de vie a été significativement différent de celui du Mexique. Fini les petits hôtels et restaurants bon marché remplacés par le camping et la cuisine ‘maison’. Les 2 raisons à cela en sont le coût beaucoup plus élevé de ces services qui aurait grevé irrémédiablement notre budget mais également l’absence ou la rareté extrême de ces services en tout cas pour nous qui sommes limités dans notre kilométrage quotidien.

Nous avons expérimenté les 3 types de camping:
– les campings privés où il y a tous les services incluant douches et lavoirs. Leur inconvénient est qu’ils sont plus conçus pour les mobil-homes et caravanes que pour les tentes et que en conséquence ils ressemblent plus à des parkings qu’à des espaces verts aérés. Ils sont également plus chers: entre 15 et 30 € pour une tente et bien plus pour les mobil-homes parfois de la taille d’un bus requérant les branchements à l’eau, à l’électricité (jusqu’à 50 A en 110 V) et à l’égout. De vraies maisons ambulantes avec la voiture accrochée à l’arrière…

– les campings gouvernementaux avec services limités : eau à purifier, toilettes sèches, une table et des bancs, un BBQ et des rondins (il faut emporter sa propre hache), parfois un toit mais jamais de douche ni d’électricité. Les prix (indépendants du type de véhicule ou de logement) sont démocratiques dans le Yukon (9 €) et variables en Alaska (entre 10 et 18 €). Ils sont très prisés pendant les W-E d’autant plus s’ils sont proches d’une ville.


– le bivouac. Gratuit, dans des cadres souvent idylliques mais aucun service si ce n’est à l’occasion l’eau du lac ou de la rivière. Avant d’aller dormir il ne faut pas omettre d’éloigner toute la nourriture, les instruments de cuisine, la poubelle d’au moins une cinquantaine de mètres afin de ne pas attirer un ours dans la tente. Nous n’avons jamais eu de difficulté à trouver un endroit discret où planquer notre tente longue de 5,5 m pas trop loin de la route.

Au fur et à mesure de notre progression nous avons compris que voyager en famille comme nous le faisons est différent de voyager en solo ou en couple. Plutôt que de porter chacun ses propres bagages nous n’avons que 2 porteurs mais tout en triple:
– tente pour 3 personnes donc plus lourde et volumineuse
– une remorque supplémentaire (16 kg) sans compter le poids de l’enfant
– 3 matelas et sacs de couchage
– vêtements pour l’enfant plus petits mais en définitive aussi volumineux et lourds que les vêtements plus ‘techniques’ (duvet et autres matières spéciales) pour adultes
– casseroles plus grandes et plus lourdes, couverts…
– 1 sac de jeux pour l’enfant

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Il ne faut pas oublier que l’enfant n’est pas capable de supporter autant d’heures de selle qu’un adulte même s’il ne pédale pas.

Nous avons rencontré des cyclos en solo parcourant des distances 2x plus longues à la journée que les nôtres.

Indirectement comme nos étapes sont plus courtes il nous en faut plus pour rallier 2 points de ravitaillement possibles, donc plus de jours d’autonomie, donc plus de nourriture à emporter pour trois, donc plus de poids à emporter… c’est le cercle vicieux. En fait nous devons transporter entre 2 et 2,5 kg de nourriture par jour (à multiplier par le nombre de jours d’autonomie, nous sommes allés jusqu’à 8 entre Tok et Dawson marge de sécurité oblige). Il ne faut pas oublier l’eau : 4 bidons d’un litre pour Fred + 3 pour Muriel ainsi que 3 litres supplémentaires en fin de journée avant le bivouac.

Nous avons compris qu’en plus de devoir oublier les étapes longues (idéalement entre 60 et 65 km lors des étapes aux reliefs moyennement peu accidentés) nous devons nous limiter quant aux dénivelés positifs quotidiens sous peine que le plaisir du voyage ne soit gâché par la difficulté de l’effort sur nos bicyclettes surchargées à l’équilibre précaire dans les côtes aux forts pourcentages.

Une conséquence pour l’avenir est que nous avons décidé de traverser l’Oregon non pas par la montagne mais par la route côtière que nous espérons moins vallonnée mais dont toutes les personnes rencontrées nous vantent la beauté des paysages.

D’une manière générale nous sommes très contents d’avoir voyagé en Alaska et dans le Yukon. Nous sommes prêts à continuer le voyage, le moral est au beau fixe.

Le camping est évidemment moins confortable que l’hôtel mais cela ne nous a pas pesé.

Physiquement nous tenons le coup même si nous avons retrouvé le poids de nos 17 ans (sans rire).

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Commentaire

Grand Nord américain : impressions et enseignements — 8 commentaires

  1. ha ben j’ai trouvé comment Philou peut perdre du poids !!
    Merci pour vos compte-rendus et photos qui nous font voyager..bonne continuation

  2. Quel voyage vous faites les amis , j’en reste pantois et quelle expérience de vie !
    Par contre les paysages que vous avez rencontrés vous resteront gravés à jamais .
    Bonne continuation et encore merci pour vos très beaux reportages , après vous avoir lu , on attend déjà les suivants ! Bonne route et bon courage , gros bisous à tous .

  3. J ai bien compris vous êtes maintenant parfaitement rodés. Ainsi le prochain périple dans quelques années sera d autant plus facile. Bonne continuation

  4. superbes images et commentaires et heureux de vos nouvelles
    bonne continuation à vous trois
    Moustache et Gilette

  5. Merci de continuer à nous faire visiter notre magnifique planète en votre compagnie. Ces paysages sont époustouflants et d une beauté extrême.bonne continuation et un baiser particulier à Angele.

  6. Et tout ça sans presque pas de jours de repos…….et la nuit vous devez sûrement rêver que vous pédalez ! Mais quelle belle aventure! Je suis impatiente de lire votre prochain commentaire . Bisous à vous 3

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