L’Oregon du Nord au Sud par la côte

Nous entrons en Oregon par un bac traversant la rivière Columbia à une centaine de km de son estuaire avec un sentiment un peu mitigé quant à l’état de Washington que nous quittons (pour rappel routes souvent chargées et paysages beaux mais moins surprenants que ceux des régions précédemment traversées)

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Malheureusement nous sommes déçus car à peine sortis du bac nous nous retrouvons sur une ‘autoroute’ au trafic lourd, avec de longues côtes et un accotement réduit ou inexistant. Notre prenons notre mal en patience en espérant que cela s’améliorera une fois le long de la côte après Astoria. Pour ne rien arranger le seul camping avant Astoria affiche complet et nous devons installer la tente sur les graviers du parking, heureusement dans les bois bien à l’écart de la chaussée.

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Notre arrivée à Astoria est prometteuse. Une colonie de plus de 100 otaries y a établi son domicile dans la marina et nous propose un concerto en live.

Après passage au visitor center où nous collectons des infos sur les routes et les state parks de l’Oregon nous établissons nos quartiers pour le Week-end dans le state park de Fort Stevens.

Samedi Angèle se promène en maillot de bain sur la plage et y bâtit des châteaux de sable. Le lendemain le scénario est tout autre et nous faisons connaissance avec le fog que nous rencontrerons trop souvent par la suite. Le fog est une brume froide et humide persistant souvent toute la journée et provenant de la mer. Il donne l’impression d’un mur sur le littoral et disparaît à quelques centaines de mètres dans les terres.

En quittant Astoria nous nous engageons rapidement sur l’intersate US 101 que nous ne quitterons qu’à de rares moments tout au long de notre traversée de l’état. En effet les routes alternatives sont rares. Pas grave nous disons-nous car des milliers de cyclistes l’empruntent comme nous chaque année.

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Dès les premiers jours nous sommes déçus car nous nous retrouvons dans un enfer: trafic extrêmement intense, peu de place pour les vélos et peu de choses à voir. Nous avons d’ailleurs notre première crevaison du voyage. Difficile d’y échapper à force de rouler sur les bords de routes jonchés de cailloux, clous, vis et autre ferrailles mais sur lesquels il faut rester pour plus de sécurité. La côte est jolie mais nous ne la voyons que trop rarement.

Ce sentiment est partagé par les autres cyclistes européens que nous croisons les américains semblant s’en accommoder un peu mieux.
Par deux fois nous devons mettre pied à terre alors qu’un camionneur incivique nous dépasse en nous frôlant. Une autre fois nous nous retrouvons le dos à l’air le maillot remonté jusqu’aux omoplates par le souffle d’un camion nous dépassant…

Rapidement nous réfléchissons à une alternative pour échapper à ce piège mais cela ne sera pas évident.

Il ne faudrait cependant pas croire que tout est négatif. Au contraire, le littoral est superbe avec ses falaises et ses longues plages sauvages et peu fréquentées. Dans les petites criques peu accessibles nous pouvons souvent observer des otaries, des phoques ou des lions de mer. Plus loin ce sont des loutres de mer qui semblent prendre du bon temps en faisant la planche au soleil. A chaque fois que la route se rapproche de la mer c’est un vrai régal pour les yeux.

Souvent les campings où nous faisons étape se trouvent près d’une plage ce qui donne à Angèle l’occasion d’y exercer ses talents de bâtisseuse de châteaux de sable.

Concernant les campings nous avons privilégié ceux se trouvant dans les states parks pour différentes raisons. Tout d’abord bien que moins confortables que les campings privés et ne proposant pas le wifi, ils sont pratiquement les seuls à proposer des emplacements et des prix appropriés aux hikers/bikers (personnes voyageant sans véhicules motorisés, compter 5 à 6 $ par personne). De plus la loi les oblige à nous trouver un emplacement même si tous les autres sont occupés ce qui est souvent le cas en cette fin d’été.

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Un autre avantage pour nous est qu’ils sont suffisamment nombreux et espacés régulièrement pour que nous puissions aller de l’un à l’autre. A noter que ces camps sont construits et gérés sur des standards communs sans qu’ils soient identiques pour autant. Situés dans les bois nous y manquons malheureusement parfois de lumière par contre nous devons parfois partager notre emplacement avec les habitants des sous-bois. Ainsi un soir alors que nous nous couchions des petits voleurs masqués tentèrent de nous dépouiller de nos provisions. On nous avait pourtant prévenus que les lieux étaient habités par des ratons-laveurs bien chapardeurs…

Finalement la zone réservée aux hikers/bikers se trouve un peu à l’écart des autres campeurs principalement en caravane et mobilhomes, nous donnant l’occasion de rencontrer et d’échanger avec d’autres cyclos-voyageurs ayant souvent des styles différents. Ces différences se marquent au niveau de la quantité de bagages qui est en corrélation directe avec la durée du voyage et la longueur des étapes journalières. Au niveau du poids nous sommes les champions hors catégories mais il faut dire que nous n’avons pas croisé d’autres familles. Hormis les couples ce sont souvent des hommes que nous voyons voyager en solo mais les femmes seules ne sont pas rares (c’est un des nombreux signes qui nous font penser que le machisme est moins prononcé de ce côté de l’océan)

Au point de vue météorologique bien que descendant vers le sud et nous situant à une latitude correspondant à celle du centre de la France il ne fait pas plus chaud pour autant. Nous subissons quelques jours de pluie, des journées fraîches et des nuits froides. De plus le fog est souvent présent près du littoral et nous amène de l’humidité et une fraîcheur encore accrue.

 

Le relief rencontré est moins contraignant que celui de l’état de Washington, les côtes restent nombreuses mais abordables même avec nos vélos lourdement chargés.

Physiquement nous n’étions plus au top lors de notre entrée en Oregon, nous sentions que notre corps devait puiser dans ses réserves pour nous permettre de continuer à avancer. En diminuant nos distances journalières et en enrichissant nos repas nous avons l’impression de retrouver un peu de peps et de retrouver suffisamment d’énergie pour la suite de nos aventures.

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Commentaire

L’Oregon du Nord au Sud par la côte — 10 commentaires

  1. Les chateaux de sable d’Angel sont superbes.
    et la Goldwin 6 cylindres aussi.
    Vous allez trouver de meilleurs routes cyclable plus tard, courage.

  2. Allez avons vu Maman Cordier au Delhaize, très contente de votre prochain retour.Bonne route et prudence sur les routes encombrées. Amitiés de nous deux, Mimi et Daniel

  3. Superbes photos .J au l impression su ´ Angéle a profité de votre 1 er périple pour bien grandir , toujours toute mignonne et souriante . Bon retour au pays .

  4. Que du plaisir de suivre votre voyage « hors normes  » Frédérick…j’ai eu le plaisir de rouler avec toi dans la région de Manhay.. tu avais reconnu le maillot UAT.. Bonne route, avec des rêves dans les yeux

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