Voyager à vélo au Japon

Le Japon semble être devenu une destination de choix auprès des cyclo-voyageurs. En effet le pays recèle toute une série d’ingrédients propices au voyage à vélo. Dans cet article nous allons vous faire part de nos impressions collectées tout au long de nos 2500 km de zig-zag parcourus principalement entre l’extrême Sud et le centre de l’île de Honshu (voir notre page « Points de passage« )

Des vélos partout

Nous vous l’avons déjà montré par ailleurs: le Japon est un “pays de vélo”. Toute une partie de la population, surtout dans les villes, l’utilise comme moyen de transport au même titre que l’automobile.

De plus les infrastructures suivent et les automobilistes circulent en harmonie avec les cyclistes.
Dans les villes, il est autorisé de rouler sur les trottoirs, les piétons gardant toutefois la priorité. Ailleurs les pistes cyclables séparées de la chaussée sont nombreuses. Malheureusement cela ne nous est pas d’une grande aide car sur les trottoirs il faut rouler les mains sur les freins et sur les pistes il faut tout de même pas mal slalomer, ces dernières n’étant jamais très longues se terminent souvent au bout de quelques centaines de mètres. Il faut alors soit repasser sur la chaussée soit remonter sur une piste de l’autre côté de celle-ci ce qui n’est pas très sécurisant ni très pratique avec des vélos chargés. Les cyclotouristes et voyageurs comme nous préfèrent rouler sur la chaussée mais cela ne pose pas de problème de sécurité, les automobilistes et camionneurs sont très respectueux et tiennent leurs distances sans tenter de dépassement insécurisant. En 2500 km, pas un seul coup de klaxon ni aucun geste d’impatience ou d’agressivité.

Trouver des routes tranquilles

Le Japon est un pays à densité de population élevée, mais cette densité n’est pas répartie partout de la même façon. Les régions plates, que ce soit le long des côtes ou dans les vallées au creux des montagnes, sont fortement peuplées. Les routes y sont nombreuses et un GPS est appréciable si on veut s’éloigner des grands axes fortement fréquentés. Dès que l’on s’écarte de ces derniers les chemins deviennent très tranquilles mais pour se faire les cartes au format papier ne sont pas d’une grande aide (imprécises ou uniquement en japonais). Dans les grandes villes on est en droit de se demander comment on pourrait se débrouiller sans l’aide à la navigation électronique.

Dans les parties plus montagneuses, la densité de population est plus faible mais le nombre de routes également moins important, ne les rendant pas si tranquilles que cela contrairement à ce que l’on avait espéré. Après, pour les parties du pays que nous n’avons pas parcourues nous ne pouvons pas être catégoriques.

Les grandes villes sont principalement situées sur les côtes sud et est de l’île de Honshu. Les traverser revient à rouler pendant des dizaines de kilomètres en agglomération avec des feux de signalisation à chaque coin de rue ce qui fait considérablement baisser la moyenne horaire, fatiguer le cycliste et diminuer son plaisir. Bien sûr il y a moyen d’éviter ces villes mais dans ce cas-là on ne passera ni par Tokyo ni par Osaka, Nara, Kyoto, Kobe ou encore Hiroshima ce qui est très dommage lors d’un voyage au Japon.

Pour les initiés, nous avons utilisé les cartes OSM (Open Street/Cycle Map) sur nos GPS Garmin. Pour le traçage des parcours, le moteur online de MapQuest nous a à chaque fois envoyés sur des routes très tranquilles sans rallonger significativement les distances. Nous déconseillons le moteur de Google Maps ayant trop tendance à vous envoyer sur les routes principales. Sans ces moyens techniques nous n’aurions probablement jamais trouvé les nombreux chemins et routes réservés aux vélos quadrillant le pays souvent le long des rivières.

Un pays montagneux

Pour en revenir brièvement à la montagne, les pourcentages de déclivité sont tout le temps restés acceptables pour nos mollets, rarement plus de 6 ou 7 %.

De très nombreux tunnels court-circuitent les pentes. Si nous en additionnons tous les tronçons, nous aurons parcouru plusieurs dizaines de kilomètres (50 ?) sous terre dont 90 % du temps sur une voie protégée. Il est néanmoins préférable d’avoir un éclairage arrière.

Aspects pratiques

Le Japon est un pays facile pour le voyageur à vélo. Les points d’eau potable, les toilettes, les lavoirs ainsi que les magasins d’appoint (convenience store genre 7/11) sont partout présents dans le pays. Pour le ravitaillement il est préférable de se tourner vers les supermarchés dans les villes, le choix y étant plus grand et les prix significativement moins élevés. Les bentos (plats préparés) se trouvent facilement, sont peu chers et pas mauvais du tout ce qui fait que contrairement aux idées reçues le pays est plutôt bon marché pour qui peut se passer d’hôtel. Un petit bémol concernant les transports alternatifs. Les vélos ne sont pas acceptés dans les trains, bus et métro sauf s’ils sont emballés. Donc à moins d’avoir un vélo pliable ou léger et peu encombrant avec peu de bagages il vaut mieux abandonner l’idée. Une alternative sont les ferries pour les moyennes et longues distances. On peut y embarquer facilement son vélo et les prix sont raisonnables.

Un pays sûr

Au niveau sécurité c’est le top. Aucune inquiétude par exemple à laisser les vélos et bagages seuls à l’entrée des supermarchés ni de se faire dévaliser pendant la nuit.

Au onsen

Une façon sympathique de terminer sa journée de vélo est de passer au onsen.

Pour ceux qui ne connaissent pas, ces bains publics sont très populaires auprès de toutes les classes sociales japonaises. On s’y promène joyeusement en costume d’Ève et d’Adam mais pour vous rassurer (ou décevoir les plus coquins d’entre vous 🙂 ) ils ne sont pas mixtes. On y rencontre des jeunes et des vieux, des minces et des plus gros ( nous parlons des gens bien entendu 🙂 ). Il faut d’abord passer par une salle où on se lave complètement et consciencieusement assis sur un tabouret devant une glace. On peut ensuite passer aux bains proprement dit où il est très très mal vu de nager ou de mettre sa tête sous l’eau. Les piscines de différentes températures, selon qu’on veut s’y relaxer ou s’y revigorer sont un lieu de détente où il est interdit faire trop de bruit. Elles sont un lieu de socialisation pour les Japonais, quant à nous on se contentera de la partie relaxation. Nous avons apprécié tous les 3 nos quelques visites dans ces établissements mais n’avons pas de photos à vous proposer.

La météo

Il faut savoir que le Japon est un pays copieusement arrosé toute l’année avec en point d’orgue une saison des pluies appelée Tsuyu. En gros cette saison s’étend de juin à la mi-juillet sur tout l’archipel excepté l’île d’Hokkaido tout au nord. Il y pleut à peu près un jour sur deux et parfois en continu. L’humidité de l’air augmente également de manière conséquente. Après cette saison en recommence une autre encore plus chaude et humide jusqu’à la mi-septembre. Et après cela vous aurez peut-être la malchance de croiser l’un ou l’autre typhon. Vous aurez compris que l’été n’est pas une saison favorable pour faire du tourisme ou du vélo au Japon. De quoi nous effrayer un peu, notre séjour étant censé s’étaler de la mi-mai à la fin juillet.
Finalement nous avons eu de la chance car cet été fut exceptionnellement sec au niveau du nombre de jours de précipitations mais peut-être moins au niveau de l’intensité de celles-ci. Nous n’aurons eu que 6 ou 7 journées de pluie mais quand il a plu, il a plu… ces journées nous les avons passées sous la tente sans pouvoir mettre le nez dehors pour nous protéger de pluies ininterrompues et fortes pendant parfois plus de 24 heures.

Nous avons pu voir toutes les rivières en crue et avons appris par les médias que de graves inondations avait touché le sud-ouest du pays tuant une quinzaine de personnes.

À part ces journées pluvieuses nous avons connu des températures idéales à la pratique du vélo, entre 25 et 30 degrés, avec même des nuits plutôt fraîches jusqu’à la mi-juin. Nous ne nous plaindrons certainement pas de la météo, de quoi compenser la très humide Nouvelle-Zélande et le Vietnam au climat mitigé.

Dernières nouvelles…

Après quelques considérations générales sur le voyage en vélo au Japon, revenons brièvement sur nos dernières semaines de voyage dans le pays.
Après le lac Biwa au nord de Kyoto nous continuons à remonter vers le nord le long de la côte que nous longerons pendant plus de 300 km jusqu’à Joetsu.

La route côtière est très tranquille et nous avons même l’occasion de pédaler sur des pistes cyclables en site propre sur au moins un tiers de la distance. Après cela il faut retraverser l’île vers Tokyo et la montagne également appelée Alpes japonaises, c’est tout dire ! Nous passons par Nagano qui accueillit les Jeux olympiques d’hiver en 1998.

Ensuite nous ne prenons pas la route la plus rapide et la plus facile vers la capitale mais faisons un crochet vers le pied du mont Fuji que nous voulons absolument admirer. Nous passons une semaine de repos dans un camping au bord d’un lac avec vue sur le célèbre volcan.

3 jours plus tard nous arrivons à Tokyo mais la motivation nous manque un peu pour visiter en profondeur cette mégalopole de 40 millions d’habitants.
En entrant dans la capitale, nous franchissons le cap des 15000 km pédalés depuis le début du voyage.

Il ne nous reste à présent plus qu’à emballer nos vélos et bagages avant de prendre l’avion en direction de la maison où nous attendent impatiemment nos familles et amis.

En guise de conclusion

Nous pouvons dire que nous aurons passé un bon moment au pays du Soleil-Levant. La météo fut plus favorable que celle des statistiques que nous craignions. La partie la plus difficile pour nous, mais nous nous y attendions, fut le logement (cfr article précédent). Le charme du Japon n’est pas venu de choses sortant du commun. Nous n’avons pas vu ici de paysages à couper le souffle, de sites archéologiques ou de monuments extraordinaires à nos yeux. Si on a aimé le pays c’est pour un ensemble de choses dont la gentillesse des gens, l’étrangeté de leur culture et le dépaysement qu’elle nous a procuré, la zénitude du pays, la facilité d’y cycler et d’y voyager en toute sécurité.

 


Commentaire

Voyager à vélo au Japon — 19 commentaires

  1. C’est fini, plus de tous ces récits qui nous faisaient voyager avec vous, qui nous berçaient de beaux rêves. Je suis pourtant bien heureux surtout de vous revoir tous les trois, de pouvoir à nouveau raconter des bêtises à ma petite-fille !
    Bonpapa

  2. BRAVO pour votre aventure,
    désolé de ne pouvoir assister à votre
    petite organisation dimanche mais
    de tout cœur avec vous, à tout bientôt,
    Mimi et Daniel

  3. Déjà de retour et pourtant un an et demi de passé, content et impatient de vous revoir tous les trois , surtout de vous revoir avec votre vélo sur nos routes parmi nous ….Bizzzzz

  4. Magnifique, c’est le mot, nous avons voyagé avec vous durant tout votre périple grâce à aux écrivains que vous êtes, c’était très bien écrit. Vous pouvez relier tout vos textes et images, cela fera un joli livre, vous avez déjà le titre: « 5 roues en balade ».
    Bienvenue chez vous.
    A dimanche
    Zabeth & Didier

  5. Merci pour tous ces beaux récits fort bien écrits.J’ai beaucoup voyagé grâce à vous.
    A dimanche à Nautisport.
    Amitiés,
    Jean-Pierre Jacobs.

  6. Bedankt voor al de mooie reisverhalen de voorbije maanden. We hebben er zeker van genoten!

    Behouden thuiskomst.

    Vele groeten,
    Chris en Walter

  7. Merci pour tout, pour ce partage généreux, toutes ces belles images, ces récits toujours intéressants. J’ai voyagé un peu, grâce à vous.Je vous souhaite une bonne ré-acclimatation chez vous, mais je suis sûr que ce voyage vous aura transformé pour toujours

  8. Merci pour tous ces articles qui nous ont permis de voyager avec vous (sans côtes à grimper 😉
    Très heureuse de vous revoir bientôt!

  9. deja de retour on n aura plus de nouvelles de votre periple sur lequel je sautai dessus des reception du mail bon retour je ne peux etre present ce dimanche a bientot WILLY

  10. BRAVO , bravo à vous d’avoir réalisé ce projet ambitieux , 15000 KM !!! Et à vélo….Et merci pour vos récits et vos photos , je crois que j’ai découvert grâce à vous la beauté du Cambodge , ça donne envie d’y aller .
    Je vous souhaite un bon retour , j’espère que vous ne reprenez pas le travail dès lundi , que vous aurez le temps de vous ré-acclimater à la Belgique . Nous aurions aimer être présents demain mais nous avons nos petites filles en garde . BIZ Monique et Guy

  11. J’ai lu, sur le tard, ce dernier post mais me suis régalé comme d’hab.
    Merci encore pour tous ces moments de total dépaysement.
    Au plaisir de vous revoir bientôt!
    A+ jp

  12. Bravo et merci pour vos récits de vos magnifiques aventures et ravie de retrouver Angèle bien grandie!!!!!

    Bon retour à la réalité!!!

    Au plaisir de vous revoir.
    Marie-France

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